Déboisement : dans le Yunnan on a compris le danger

Posté dans Pays : Chine par François-Xavier Delmas | Tags : , , ,

Joli paysage du Yunnan entre Jinghong et Menghai.

La culture du thé dans le Yunnan a connu un fort développement il y a une quarantaine d’années. On s’est alors décidé à intensifier la production et à augmenter la surface cultivée. Et les choses n’ont pas traîné, comme souvent en Chine. En un temps record on s’est mis à couper absolument tous les arbres jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul. Et si on a laissé les montagnes à leur place c’est qu’elles ne gênaient pas. Comme vous pouvez l’imaginez, le paysage s’en est trouvé singulièrement modifié : à perte de vue, pas le moindre bosquet, pas la moindre cime, pas la moindre touffe d’arbre. Des théiers et rien que des théiers.

Seulement voilà, si le résultat a été époustouflant pour l’œil il l’a été également pour les sols. Les pluies se sont faites plus rares, l’érosion s’est accélérée. Et la conséquence du grand déboisage et des années de sécheresse qui ont suivi a été celle-ci : les rendements ont chuté.

Comme les Chinois ont un sens de l’adaptation élevé, dès qu’ils ont pris conscience de la gravité de leur acte, ils se sont mis à reboiser. Cela nous donne ce joli paysage, quelque part entre Jinghong et Menghai. Remarquez ces jeunes arbres, de-ci, de-là, qui apportent ombrage et humidité aux théiers, et douceur à l’œil.

5 Commentaires de “Déboisement : dans le Yunnan on a compris le danger”

  • Passer sur votre blog est toujours un moment de poésie délicieux, merci de partager ces images et réflexions avec nous autres pauvres citadins de la vieille Europe ! Allez, pour fêter ça, une petite tasse de Bao Zhong – bon voyage.

  • Chouette, de bonnes nouvelles du Yunnan !
    J’adorerais y musarder dans la campagne. J’y suis déjà allée mais hélas à l’époque je ne m’intéressais pas au thé de si près. Tout juste avais-je retrouvé à Kunming mon thé préféré, le Dian Hong (Bourgeons du Yunnan au Palais des thés). Un petit miracle me semblait-il au milieu de tous ces Pu Er présentés en chinois…
    Question naïve : à quel point est-il difficile de visiter une plantation pour un voyageur ordinaire ?? J’espère visiter un jour une plantation de Dian Hong !
    En attendant de repartir, luxe, j’en bois une tasse chaque matin et je voyage de plantation en plantation avec le beau livre Voyages aux sources du thé et votre blog… Merci pour le voyage !

  • Bonjour Marine,
    Visiter une plantation de thé en Chine est facile, à 3 conditions : parler mandarin, disposer d’un véhicule et s’armer de patience… Comme vous connaissez déjà la Chine ma réponse ne vous étonnera pas.
    Mais parfois il suffit d’une heureuse rencontre, au hasard d’un voyage, pour que tout devienne simple…
    Merci à vous pour vos compliments et à bientôt sur les routes du thé !
    FX Delmas

  • Merci pour la réponse, qui effectivement ne m’étonne à peine… Je ne parle pas encore mandarin mais dans votre note suivante je lis que vous songez à organiser des cours de thé dans une plantation (certes à Darjeeling… c’est un début), tous les espoirs restent permis !

  • Et la roue tourne!

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François-Xavier Delmas

Globe-trotter passionné, « FX » arpente les plantations de thés depuis 30 ans à la recherche des meilleurs crus. Pour le fondateur du Palais des Thés, voyager c’est aller à la découverte des cultures du monde. De Darjeeling à Shizuoka, de Taïwan au Triangle d’Or, il vous invite à suivre ses pérégrinations, à partager ses rencontres et ses émotions.

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