La mise en commun des feuilles limite la richesse gustative

Plantation de thé au Japon

J’ai un regret concernant les thés du Japon. Et mes amis japonais le savent et le partagent. Le voici : au Japon, peu de fermiers vont jusqu’à proposer un thé fini. Ils ne sont en général pas équipés pour cela en terme de matériel. Au Pays du Soleil Levant, la plupart des fermiers s’attachent à faire pousser le meilleur thé possible et à le récolter au meilleur moment mais ils vendent aussitôt après les feuilles fraîches à des coopératives qui vont terminer de fabriquer le thé. Or, ces coopératives ne savent pas séparer les lots qu’elles reçoivent et leur faire subir un traitement personnalisé. Elles vont mettre en commun les feuilles récoltées par les différents fermiers. Il en découle une certaine uniformisation du goût alors que si chaque fermier allait jusqu’au bout de la fabrication de son thé, on aurait sûrement une richesse gustative, un éventail de goût et de saveurs plus large.


Posté dans Pays : Japon par François-Xavier Delmas | Tags : , ,

Diversifier ses cultures

récolte de menthe

Cette photo peut vous sembler curieuse et ce, à juste titre : il ne s’agit pas ici de feuilles de thé, mais de menthe. Cependant, cette photo illustre parfaitement un aspect de mon travail. En effet, de nombreux petits producteurs de par le monde font pousser du thé, procèdent à la récolte et vendent ensuite les feuilles fraîches à une coopérative, à un fermier plus important qu’eux-mêmes, ou encore à une société qui va transformer la feuille de thé. Ces petits producteurs peuvent avoir parfois un pouvoir économique fort, quand la demande en feuilles de thé est supérieure à l’offre. Mais, le plus souvent, ils sont dépendants de leur acheteur. Il est donc toujours préférable qu’un petit producteur tire ses revenus en partie du thé, mais en partie seulement, et qu’à côté du thé il développe des cultures de complément : pomme de terre, gingembre, fruits ou autre. Ainsi, il se met à l’abri de toute variation du prix du thé et s’assure une meilleure tranquillité.


Posté dans Pays : Malawi par François-Xavier Delmas | Tags : , ,

A Namring Tea Estate : une imposante factory

Les bâtiments dans lesquels sont manufacturées les feuilles de thé possèdent des dimensions imposantes dans les pays où les Anglais ont organisé la culture du thé.

A l’étage, ou bien dans les étages comme ici à Namring Tea Estate (Inde), on s’occupe uniquement du flétrissage des feuilles. Roulage, oxydation, séchage et tri des différents grades se passent, quant à eux, au rez-de-chaussée du bâtiment.


Posté dans Pays : Inde par François-Xavier Delmas | Tags : , , , ,

Déboisement : dans le Yunnan on a compris le danger

Joli paysage du Yunnan entre Jinghong et Menghai.

La culture du thé dans le Yunnan a connu un fort développement il y a une quarantaine d’années. On s’est alors décidé à intensifier la production et à augmenter la surface cultivée. Et les choses n’ont pas traîné, comme souvent en Chine. En un temps record on s’est mis à couper absolument tous les arbres jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul. Et si on a laissé les montagnes à leur place c’est qu’elles ne gênaient pas. Comme vous pouvez l’imaginez, le paysage s’en est trouvé singulièrement modifié : à perte de vue, pas le moindre bosquet, pas la moindre cime, pas la moindre touffe d’arbre. Des théiers et rien que des théiers.

Seulement voilà, si le résultat a été époustouflant pour l’œil il l’a été également pour les sols. Les pluies se sont faites plus rares, l’érosion s’est accélérée. Et la conséquence du grand déboisage et des années de sécheresse qui ont suivi a été celle-ci : les rendements ont chuté.

Comme les Chinois ont un sens de l’adaptation élevé, dès qu’ils ont pris conscience de la gravité de leur acte, ils se sont mis à reboiser. Cela nous donne ce joli paysage, quelque part entre Jinghong et Menghai. Remarquez ces jeunes arbres, de-ci, de-là, qui apportent ombrage et humidité aux théiers, et douceur à l’œil.


Posté dans Pays : Chine par François-Xavier Delmas | Tags : , , ,

Des feuilles de thé qui valent le détour

Paysans vendant leurs feuilles de thé fraîches

Dans le sud du Sri Lanka, la culture du thé est essentiellement le fait de paysans qui cultivent eux-mêmes leurs terres. Une fois les feuilles de thé récoltées ils les vendent car ils n’ont pas les infrastructures nécessaires à la transformation du thé. Ces paysans n’ont pas à aller bien loin pour vendre leurs feuilles fraîches car elles sont très demandées par les « tea factory » environnantes, lesquelles, concurrence oblige, vont collecter elles-mêmes les sacs tout juste remplis.

J’ai passé des heures dans l’un de ces 4×4 équipé d’un plateau (photo) pour faire la tournée des fermes et c’est une expérience incroyable : il faut aller chercher ces sacs parfois en haut de montagnes, déraper sur des pentes trop raides, longer des à-pics vertigineux, traverser des forêts sous les cris des singes et, soudain, on se retrouve en haut de la montagne, avec des paysans qui élèvent là leurs animaux et vivent de différentes cultures, loin de tout.

Alors on achète les feuilles de thé, on bavarde un peu, peut-être on boit un thé ensemble. On parle. On rit. Puis il est temps de partir car il y a encore d’autres sacs de thé à aller chercher, dans d’autres fermes tout aussi isolées.


Posté dans Pays : Sri Lanka par François-Xavier Delmas | Tags : , , , ,

François-Xavier Delmas

Globe-trotter passionné, « FX » arpente les plantations de thés depuis 30 ans à la recherche des meilleurs crus. Pour le fondateur du Palais des Thés, voyager c’est aller à la découverte des cultures du monde. De Darjeeling à Shizuoka, de Taïwan au Triangle d’Or, il vous invite à suivre ses pérégrinations, à partager ses rencontres et ses émotions.

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