Une apparence modeste

Au Népal, les factories sont facilement déglinguées d’apparence : bâtiment en tôle, sans aucun aménagement superflu. On déguste le thé dehors, sur des tréteaux. On est loin de Darjeeling et de sa vie de planteur très British. Mais il ne faut pas en tirer de conclusion hâtives. A l’intérieur de ces bâtiments d’apparence modeste, on trouve non seulement un très bel outillage (petits rouleurs venus de Chine ou de Taiwan, fours de qualité, machine à façonner délicatement la feuille de thé…) mais on trouve surtout un savoir-faire et une créativité uniques. Des jeunes gens passionnés – là aussi à mille lieues de l’image du planteur établi de Darjeeling -, vivent avec les feuilles de thé, au milieu du thé, pour le thé, ne pensent qu’au thé (ou presque), et ont pour unique objectif de créer des thés délicieux, peu importe leur couleur. L’absence de tradition de thé au Népal les aide sûrement à explorer de nouvelles formes pour les feuilles, de nouveaux types de roulage et de manufacture en général. Les thés du Népal « faits main » (par opposition au CTC et aux grandes usines qui existent aussi dans la région d’Ilam) ont un bel avenir devant eux.


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Ce qui nous fait du bien ne doit faire de mal ni aux autres ni à la planète

Mon métier ne consiste pas seulement à dénicher des thés assez rares et propres à procurer une émotion gustative, une expérience gastronomique. Mon crédo est le suivant : je veux que ces thés qui nous font tant de bien ne fassent de mal ni à celles et ceux qui les récoltent et les manufacturent, ni à la planète. Une exigence qui n’est pas tous les jours simple à satisfaire. Entre les conditions de travail parfois inacceptables, les résidus de pesticides et l’usage excessif d’engrais qui finissent par détruire la vie dans les rivières, les sujets ne manquent pas. Mais je ne suis pas pessimiste pour autant. D’une part, plus on s’oriente vers des thés de qualité, plus les pratiques sont saines (plusieurs raisons à cela : l’altitude qui est un critère pour la qualité d’un thé offre des nuits plus fraîches et contrarie les différents prédateurs susceptibles de s’attaquer à la plante…) ; d’autre part, pas de thé exceptionnel si on n’est pas des plus attentifs au moindre détail dès la récolte elle-même ainsi qu’à chaque étape de sa manufacture, et cela oblige planteurs et fermiers à s’assurer les meilleurs soins d’un personnel compétent, bien formé et fidélisé. Enfin, j’ai acquis assez d’expérience pour savoir à quoi m’en tenir lorsque je visite une plantation, aussi bien en ce qui concerne les pratiques agricoles que la façon dont on considère les hommes et les femmes qui apportent leur savoir-faire. Je refuse de travailler avec beaucoup de producteurs. Et je savoure d’autant plus le plaisir de mettre en valeur le travail formidable de très nombreux fermiers dont les méthodes culturales sont exemplaires et qui savent conjuguer au quotidien le mot fraternité.


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Cultiver du thé : les conditions indispensables

A l’occasion d’une visite à l’Institut Himalayen des Ressources Biologiques, le Docteur Rakesh Kumar rappelle à celles et ceux que j’ai invités à partir en voyage avec moi les conditions indispensables à la culture du thé : un sol acide (ph compris entre 4,5 et 5,5), une température évoluant entre 15 et 32° ainsi que des précipitations abondantes (de l’ordre de 1.500 mm d’eau par an). Bien sûr, l’altitude, l’ensoleillement, la déclivité du terrain vont aussi influer sur la façon dont la plante va se comporter.

Je choisis cette photo pour illustrer ce qu’est la déclivité. Sans nul doute c’est dans les contreforts de l’Himalaya que je rencontre les pentes les plus raides. Des pluies abondantes et un sol bien drainé, un rêve pour le théier !


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La mise en commun des feuilles limite la richesse gustative

Plantation de thé au Japon

J’ai un regret concernant les thés du Japon. Et mes amis japonais le savent et le partagent. Le voici : au Japon, peu de fermiers vont jusqu’à proposer un thé fini. Ils ne sont en général pas équipés pour cela en terme de matériel. Au Pays du Soleil Levant, la plupart des fermiers s’attachent à faire pousser le meilleur thé possible et à le récolter au meilleur moment mais ils vendent aussitôt après les feuilles fraîches à des coopératives qui vont terminer de fabriquer le thé. Or, ces coopératives ne savent pas séparer les lots qu’elles reçoivent et leur faire subir un traitement personnalisé. Elles vont mettre en commun les feuilles récoltées par les différents fermiers. Il en découle une certaine uniformisation du goût alors que si chaque fermier allait jusqu’au bout de la fabrication de son thé, on aurait sûrement une richesse gustative, un éventail de goût et de saveurs plus large.


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Diversifier ses cultures

récolte de menthe

Cette photo peut vous sembler curieuse et ce, à juste titre : il ne s’agit pas ici de feuilles de thé, mais de menthe. Cependant, cette photo illustre parfaitement un aspect de mon travail. En effet, de nombreux petits producteurs de par le monde font pousser du thé, procèdent à la récolte et vendent ensuite les feuilles fraîches à une coopérative, à un fermier plus important qu’eux-mêmes, ou encore à une société qui va transformer la feuille de thé. Ces petits producteurs peuvent avoir parfois un pouvoir économique fort, quand la demande en feuilles de thé est supérieure à l’offre. Mais, le plus souvent, ils sont dépendants de leur acheteur. Il est donc toujours préférable qu’un petit producteur tire ses revenus en partie du thé, mais en partie seulement, et qu’à côté du thé il développe des cultures de complément : pomme de terre, gingembre, fruits ou autre. Ainsi, il se met à l’abri de toute variation du prix du thé et s’assure une meilleure tranquillité.


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François-Xavier Delmas

Globe-trotter passionné, « FX » arpente les plantations de thés depuis 30 ans à la recherche des meilleurs crus. Pour le fondateur du Palais des Thés, voyager c’est aller à la découverte des cultures du monde. De Darjeeling à Shizuoka, de Taïwan au Triangle d’Or, il vous invite à suivre ses pérégrinations, à partager ses rencontres et ses émotions.

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