Chaque année, à partir des premières semaines de mars, les mythiques thés de Darjeeling commencent à être récoltés. Pourquoi mythiques ? De vastes domaines plantés par les Anglais au milieu du XIXème siècle ; une aventure humaine à grande échelle qui marquera deux pays pour toujours puisqu’à travers la grande épopée de l’East India Company c’est une page de l’histoire de la Grande-Bretagne qui s’écrit ici, et une page de celle de l’Inde, bien sûr. Une vue imprenable sur le toit du monde et des paysages à couper le souffle ont contribué à forger la légende de ce thé d’exception soumis à des variations climatiques uniques : hiver rigoureux, été précoce rapidement soumis à des pluies diluviennes jusqu’à l’arrivée d’un automne ensoleillé. Le camélia est chez lui sur ces pentes dont la terre acide et bien drainée lui plait au plus haut point.
Là-haut, des milliers d’hommes et de femmes (surtout de femmes) récoltent pour nous les pousses les plus tendres qui s’arrachent ensuite à prix d’or, ou presque, malgré des conditions de travail qui ne s’améliorent pas beaucoup avec les années et pourraient, un jour, si la carence en main-d’œuvre se poursuit, mettre en péril l’avenir de l’appellation.