Des rencontres marquantes

15 octobre 2021
Des rencontres marquantes

Lorsque l’on m’interroge à propos des voyages qui m’ont le plus marqué, je pense à des paysages à couper le souffle, bien sûr, aux contreforts de l’Himalaya, à des volcans en activité qui surplombent les champs de thé. Je pense à la douceur des jardins japonais, aux teintes multicolores des arbres srilankais par-dessus un océan de camellias sinensis. Je pense aux longs trajets en train à travers toute sorte de jungle. Je pense à toutes les fois où je me suis assis à même un bout de route de montagne pour contempler la beauté du monde. Mais les rencontres qui me marquent le plus sont les rencontres humaines. Elles sont par essence toutes uniques et mille me reviennent en mémoire. Parmi celles-ci, les cueilleuses de thé du Triangle d’or, d’une ethnie comme d’une autre (ici, deux femmes Dao), que l’on croise au hasard d’un jardin de thé enfoui dans quelque forêt oubliée, après des heures de marche.

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Au temps des Soviets

23 septembre 2021
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En Géorgie, les Soviets ont laissé derrière eux des bâtiments d’habitation qu’on dirait poussés au milieu de nulle part. A l’époque où le thé représentait une industrie intensive, ces bâtiments faisaient sens. Mais aujourd’hui, l’exode rural aidant et les plantations souvent disparues sous les mauvaises herbes, les mêmes bâtiments évoquent un passé révolu.

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La paix !

25 juin 2021
La paix !

La Covid19 aura au moins eu le mérite de rendre un peu de sérénité à des lieux de toute beauté, trop souvent pris d’assaut par des hordes de touristes. Au Myanmar, le lac Inle fait partie de ces destinations merveilleuses qu’il importe de préserver. Nul doute que pour la planète, la pandémie aura été synonyme de paix.

Je vous souhaite un bel été, et me réjouis de vous retrouver le 10 septembre prochain.

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Au bout du chemin

18 juin 2021
Au bout du chemin

Vivement que la vie reprenne, dans toute sa beauté, dans toute sa plénitude.

Vivement que nos sens reviennent et que nous retrouvions, lorsque nous marchons, le sens des odeurs.

Vivement que le goût des choses nous revienne à son tour, le goût du thé, bien sûr, celui qui nous est offert lorsque nous sommes accueillis, au bout du chemin.

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Frères et sœurs

4 juin 2021
Frères et sœurs

Un jour, il y a plus de dix ans de cela, j’ai rencontré quelqu’un de (très) célèbre et l’une des phrases qu’il m’a dite a changé ma vie. Cette personne s’appelle Richard Gere et le jour où j’ai eu le bonheur de le rencontrer, il m’a demandé, lui qui est amoureux de Darjeeling, de l’Himalaya, lui qui est un adepte du bouddhisme il m’a donc demandé, ce que Palais des Thés faisait « pour nos frères et nos sœurs de l’Himalaya ». Je suis resté comme deux ronds de flan, à l’énoncé de cette expression, nos frères et nos sœurs de l’Himalaya. Cette phrase, cette question a changé ma vie. Parce que depuis ce jour, à chaque fois que je vois une cueilleuse, un cueilleur, je pense à la question de cet homme, qui m’avait pris au dépourvu, je pense à sa façon de nommer celles et ceux qui habitent ces montagnes, et depuis, ce ne sont plus des cueilleurs, des cueilleuses, que je vois, ce sont des frères, des sœurs. Et ça change tout.

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Mes amis indiens

14 mai 2021
Mes amis indiens

L’épouvantable pandémie qui frappe l’Inde et épargnera le Népal, je l’espère, me rappelle, s’il en était besoin, à quel point je tiens à mes amis indiens. Ils sont trop nombreux pour être cités, à Darjeeling, Kolkata ou ailleurs. Parmi eux, mon ami Anil Darmapalan que j’ai connu il y a plus de 20 ans lorsqu’il dirigeait la plantation de Thiashola et m’avait reçu avec sa femme Sharmila, et tout le personnel de la plantation, avec la plus extrême gentillesse.

Après avoir été auditeur auprès d’un organisme certificateur et donc particulièrement au fait de toutes les problématiques liées à la conversion d’une plantation de conventionnel en bio dynamique, Anil vit aujourd’hui du côté de Ooty (Tamil Nadu), au milieu des fleurs. A Sharmila et Anil, comme à tous mes amis indiens, je souhaite de prendre bien soin d’eux.

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Désir d’apprendre, désir d’harmonie

30 avril 2021
Désir d’apprendre, désir d’harmonie

Nous vivons dans un monde où les gens ont des opinions sur tout. Nous vivons dans un monde où les mêmes se révoltent pour un rien, parce qu’ils sont sûrs de détenir la vérité, de savoir mieux que quiconque. Cela m’est difficile à comprendre. Trop de certitudes ne favorise pas l’apprentissage, il me semble. Si aujourd’hui j’en sais un peu sur le thé, par exemple, c’est parce que durant des années j’étais convaincu d’être d’une grande ignorance. C’est le fait d’accepter cette ignorance, c’est le fait de reconnaître que j’en savais sait fort peu, de reconnaître que j’avais tout à découvrir, qui m’a permis d’apprendre. Quant au fait de se révolter contre tout, là aussi, c’est à mille lieux de ma manière de vivre puisque le métier de chercheur de thé consiste à rencontrer des gens qui pensent autrement, qui mènent d’autres vies que les nôtres, ont épousé d’autres croyances, d’autres coutumes. Et le bonheur de ce métier consiste précisément à aller à la rencontre de ces différences. Et comme mon métier se pratique principalement en Asie, même en cas d’opinion contraire, on aura pour but ultime la recherche d’une harmonie.

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Avec Matthieu Ricard

22 avril 2021
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Croire en la beauté d’un monde qui ne serait pas guidé uniquement par les profits qui nourrissent une minorité au détriment de la majorité. Croire qu’une entreprise peut apporter du bonheur à ses salariés, du bonheur à ses clients, du bonheur à ses fournisseurs, en l’occurrence à ses fermiers. Inscrire l’éthique au cœur de ses valeurs. Croire qu’une entreprise non seulement peut mais doit avoir une démarche citoyenne et faire passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier. Ne pas faire des bénéfices pour faire des bénéfices. Faire des bénéfices dans le cadre d’une croissance profitable, une croissance qui profite à chaque acteur, une croissance raisonnée, une croissance utile, une croissance qui ne se fait pas sur le dos de la planète, une croissance qui intègre le court, le moyen et le long terme, une croissance au bénéfice du développement humain.

(photos : Chloé Douzal, Alexandre Denni)

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Le bazar me manque

2 avril 2021
Le bazar me manque

Les rues népalaises me manquent, ces artères qui traversent les villages de montagne, ces chemins qu’une pluie rend boueux avant qu’un violent soleil ne les assèche jusqu’à en faire de la poussière. Elle se soulève au passage de ces Jeep toujours pressées qui klaxonnent pour éloigner tout ce qui encombre la chaussée, poules comprises. Elle se dépose sur l’étal d’un marchand qui de temps à autre sort de son échoppe, plumeau en main, et l’agite sans conviction. Ou bien balance un seau d’eau sur la chaussée. Ces villages aux maisons colorées, aux planches disjointes, me manquent. Ces odeurs de bazar, ces gens qui s’apostrophent, qui vous sourient, ces encens qui brûlent, ces couleurs, cette simplicité. Et soudain, le bruit du gong qui voyage de montagne en montagne au rythme de l’écho.

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Inventer un métier

19 février 2021
Inventer un métier

Lors d’une interview récente, un journaliste me fait remarquer que Palais des Thés a donné naissance à deux métiers, je ne l’avais jamais réalisé. Ca n’est pas banal, sans doute de créer ne serait-ce qu’un métier. Je ne sais pas si beaucoup d’entreprises ont connu cette expérience. Palais des Thés est à l’origine de deux métiers qui n’existaient pas avant lui : celui de chercheur de thé, d’une part, celui de tea sommelier, d’autre part. Deux chercheurs de thé font aujourd’hui partie de nos équipes tandis que nous recevons des demandes de la part de nombreux postulants. Quant au diplôme de tea sommelier, il a été obtenu à ce jour par vingt-six personnes qui pratiquent aujourd’hui ce beau métier qui est au thé ce que le métier de sommelier est au vin.

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