Du thé et de la joie

7 septembre 2018
Kolkata, cité de la joie, est aussi la ville du thé. Tous les producteurs de Darjeeling et d’Assam y ont leur bureau. Les enchères, situées dans le quartier historique de B.B.D. Bagh, donnent le pouls de toute une économie. Et c’est à partir du port de Kolkata (on ne dit plus Calcutta depuis qu’ici on indianise à tout va) que sont expédiées les précieuses cargaisons.

Kolkata, ville tentaculaire de dix, quinze ou vingt millions d’habitants – qui sait ? – s’étale des deux côtés de la Hooghly, un bras du Gange. Les transports en commun de la ville comptent nombre d’embarcations, lesquelles vous offrent une paisible traversée, loin des tracas de la circulation.

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Timides pousses

16 mars 2018
Timides pousses

A Darjeeling, les années se suivent et ne se ressemblent pas. En un peu plus de 30 ans, je n’ai jamais connu quoi que ce soit qui s’apparente à la situation actuelle. Pour mémoire, une grève de 105 jours a empêché tout travail dans les 87 plantations entre juin et octobre. Lorsque les autonomistes ont levé les barrages, l’heure était à Durga Puja, le Noël local. Après des mois d’abandon il a fallu se relever les manches et civiliser à nouveau la jungle. Seulement la main d’œuvre avait en partie fuit le conflit pour trouver du travail dans la vallée. Et voilà où nous en sommes : les théiers ont été rabattus très tardivement – fin décembre, parfois -, ce qui fait que les premières récoltes de Darjeeling de printemps se font attendre. Ce mercredi 14 mars de rares et timides pousses émergent des théiers (photo). Certes, de soi-disant Darjeeling de printemps sont déjà sur le marché depuis plus d’un mois, c’est la magie des Darjeeling de printemps, avant même d’être récoltés ils sont déjà vendus. Explication : certaines plantations de basse altitude bénéficiant d’un climat chaud et équipées d’un système d’irrigation arrivent à produire de petits lots pendant l’hiver. Ils leur attribuent à tort le qualificatif de thés de printemps. Dommage car cela n’a rien à voir en terme gustatif avec cette lente poussée de sève à partir de laquelle on produit un thé unique qui fait la renommée de Darjeeling.

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Darjeeling, faits et chiffres

8 décembre 2017
Darjeeling, faits et chiffres
J’ai profité d’un séjour récent en vallée d’Ilam pour rencontrer plusieurs planteurs de Darjeeling avec lesquels j’ai échangé longtemps à propos de la situation du district. Voici les nouvelles les plus fraîches que je peux vous donner ainsi que quelques chiffres qui aident à mieux comprendre. En 2017, 80 % de la récolte de Darjeeling a été perdue. Pour la seule récolte d’automne, 90% de la récolte a été perdue. Le leader indépendantiste vit aujourd’hui caché et les 105 jours de grève n’ont rien apporté de concret en terme de bénéfice pour la population. Et on ignore qui va payer les énormes pertes financières des plantations de thé, bien sûr, mais aussi les pertes de toutes celles et ceux dont les activités sont liées au tourisme, sans parler des commerçants qui se sont vus contraints de baisser le rideau durant plus de 3 mois. Du fait de ce long bras de fer entre les autonomistes et le gouvernement du Bengal-Occidental, beaucoup d’habitants des montagnes sont partis chercher du travail ailleurs et, aujourd’hui, 30 % des habitants manquent à l’appel. On ignore s’ils vont revenir. Or l’essentiel de la population de ces montagnes travaille dans les champs de thé. Malgré cela, les mauvaises herbes qui recouvraient les théiers ont été enlevées. Il reste un gros travail à faire et qui concerne la taille des arbustes. Normalement, la taille intervient tous les 4 ou 5 ans mais cet hiver, du fait que l’on a laissé les théiers grandir 3 mois durant, il faut absolument rabattre les théiers pour reformer ce que l’on appelle les tables de cueillette. Cette taille hivernale va avoir pour effet de retarder les prochains Darjeeling de Printemps qui se récoltent d’habitude à partir de début-mars. Les planteurs de Darjeeling sont unanimes pour affirmer qu’en 2018 il ne faut pas compter sur quelque thé que ce soit avant le 20 mars environ. La période de récolte sera plus courte, les quantités récoltées seront moindre et les prix, plus élevés. Autre sujet sur lesquels nos planteurs sont tous d’accord : si demain les autonomistes décidaient d’une nouvelle grève, ceux-ci laisseraient les plantations de thé fonctionner normalement afin de ne pas faire souffrir davantage des populations qui n’ont vraiment pas besoin de cela.
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Darjeeling manque de main d’œuvre

10 novembre 2017
Darjeeling manque de main d’œuvre

La situation à Darjeeling est contrastée. La vie a repris dans tout le district. Les routes, les boutiques, les hôtels sont à nouveau ouverts. Les plantations de thé, également. Mais l’ampleur de la tâche est considérable puisque les théiers ont disparu sous les mauvaises herbes. Rien de grave pour les arbustes, ils sont en parfaite santé, mais il faut couper toute cette végétation puis rabattre nos chers camellia sinensis afin qu’ils retrouvent leur taille initiale. Malheureusement, la main d’œuvre manque à Darjeeling. Durant les 3 mois qu’a duré le coup de force en vue d’une autonomie régionale, de nombreux hommes ont quitté les montagnes pour aller chercher du travail ailleurs. Et les plantations n’ont aujourd’hui pas assez de monde pour effectuer ce travail de défrichage et de taille. Or ce travail est essentiel pour espérer une belle récolte au printemps prochain. Sinon, le thé de Darjeeling va manquer et les faux Darjeeling, qui commencent déjà à circuler, vont envahir le marché. Cela serait une catastrophe pour Darjeeling et j’espère de tout mon cœur qu’elle ne se produira pas. Il va falloir être très vigilant.

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À Darjeeling, une situation dangereuse

18 août 2017
À Darjeeling, une situation dangereuse

La situation à Darjeeling est dangereuse. Tous les commerces sont fermés, les hôtels sont fermés, les routes sont bloquées. Les plantations de thé sont à l’arrêt. Et ce depuis 70 jours. La pénurie guette. Pire, dans des affrontements avec l’armée certains ont perdu la vie. J’ignore si une solution politique va être trouvée entre le gouvernement central, les responsables du Bengale-Occidental et les indépendantistes. J’ignore si les revendications pour la création du Gurkhaland, nouvel état au sein de l’Union Indienne, vont aboutir ou pas. Ce que je sais c’est que les plantations sont sinistrées et vont avoir besoin de plusieurs semaines pour être remises en état de produire du thé. Il va falloir procéder à un énorme travail de débroussaillage et de taille avant que les arbustes se mettent à pousser de façon à ce que la récolte soit aisée. D’ores et déjà la récolte d’été est fichue. La récolte d’automne verra peut-être le jour si le conflit stoppe très rapidement. Sinon il faudra renoncer à déguster des thés de Darjeeling pendant quelques temps et envoyer des pensées positives à toutes celles et ceux, habitants de ces montagnes, que je connais bien, que j’aime, et qui ne méritent pas de vivre des heures difficiles.

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Au Népal, la reconstruction se fait attendre

4 août 2017
Au Népal, la reconstruction se fait attendre

Au Népal, les plaies du séisme ne se sont pas refermées. Des villages entiers ressemblent toujours à des champs de ruines et les habitants vivent au milieu de ces ruines, dans des maisons à moitié éboulées pourvues d’une bâche en guise de toit. A Katmandou, seul le centre historique a été touché et là aussi on ne voit pas de reconstruction se profiler. Une partie significative des plus beaux monuments de la capitale ont été réduits à poussière et les maisons alentours sont fragiles. A défaut de les réparer et tandis qu’elles ne tiennent qu’à l’aide d’étais de bois, des panneaux vous mettent en garde contre les risques qu’elles s’écroulent.

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Vive tension à Darjeeling

7 juillet 2017
Vive tension à Darjeeling

Depuis 3 semaines, la tension est vive à Darjeeling. Commerces fermés, routes fermées, plantations de thé fermées, touristes qui ont été priés de quitter les lieux… A l’origine de cette grève générale, le fait que la population d’origine népalaise, majoritaire à Darjeeling, doive dorénavant apprendre à l’école le bengali, langue d’une région qu’ils détestent. Darjeeling fait partie du Bengale Occidental, au grand dam des autonomistes qui souhaitent obtenir un nouvel état au sein de l’Union Indienne, le Gurkhaland. Depuis 30 ans le sujet est lancinant et les manifestations, fréquentes. Avec une grève de 3 semaines en pleine récolte d’été, les plantations vont avoir bien du mal à s’en sortir cette année, d’autant qu’en raison de la sécheresse, la récolte de printemps 2017 a déjà connu une baisse de 30% de la quantité récoltée.

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Au Népal, des mesures particulières les jours d’élection

18 mai 2017
Au Népal, des mesures particulières les jours d’élection

 

On votait ce dimanche à Katmandou. Ici, les jours d’élection, afin d’assurer un processus démocratique paisible, la circulation automobile est bannie, les autorisations de servir de l’alcool sont suspendues. Enfin, à l’approche de votre bureau de vote, on vous rappelle qu’il est strictement interdit de se rapprocher des urnes avec un fusil d’assaut.

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Au nord de la Thaïlande, des thés chargés d’histoire

12 mai 2017
Au nord de la Thaïlande, des thés chargés d’histoire

 

Un Jade Oolong de Thaïlande m’a séduit il y a quelques semaines et c’est l’occasion de vous dire quelques mots du village de Mae Salong, au nord de la Thaïlande, de sa population chinoise, de son histoire singulière et sulfureuse. Dans les années 50, mis en déroute par Mao Zedong, les nationalistes du Kuomintang se replient sur l’île de Taiwan à l’exception de certains régiments basés dans le Yunnan qui optent pour la Birmanie pour y organiser la résistance, aidés par la CIA. Dix ans plus tard, excédée par cette menace à sa frontière, la Chine obtient de la Birmanie que ces régiments soient chassés, certains soldats choisissent alors de s’installer à Taïwan, d’autres au Laos et quelques uns enfin à Mae Salong, juste de l’autre côté de la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande. Dans les années 80, les Chinois de Mae Salong renoncent à retourner un jour en Chine et suite à l’éradication de la culture du pavot, se mettent à celle du thé. Outils et savoir-faire viennent de Taiwan, ainsi que les jeunes plants, voilà pourquoi de nos jours on trouve dans ces montagnes du Triangle d’Or de délicieux oolongs offrant des similitudes avec certains oolongs de Taiwan.

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Les experts de demain

7 avril 2017
Les experts de demain

Si l’on veut que demain un personnel compétent propose des thés de qualité dans les hôtels et les restaurants, il faut former ces jeunes qui s’apprêtent à rejoindre la vie active. L’Académie de Reims et Palais des Thés ont travaillé main dans la main et mis au point une certification en « connaissance et service du thé ».  En premier lieu nous avons formé les professeurs de plusieurs lycées hôteliers qui à leur tour ont formé leurs élèves.  La semaine dernière, à Reims, l’heure était aux examens et à l’obtention du certificat. Bravo à tous les élèves qui ont passé l’épreuve et que cela les encourage à continuer à en savoir davantage sur le thé, pour le plus grand plaisir de leurs futurs clients.

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