J’ignore la matière exacte de cette tasse et peu m’importe. À sa manière, elle est unique. La femme qui la tenait quelques secondes plus tôt l’a posée sur le rebord de cette fenêtre après avoir bu un thé fort, simplement adouci de sucre et de lait. Nous sommes dans l’Himalaya. Le Tibet n’est pas loin. Ici, on boit un thé qui réchauffe le corps et l’âme et l’on sent à travers la matière de cette tasse, son usure, les colorations apportées jour après jour par le thé, à quel point elle est un objet du quotidien, un objet sur lequel on compte à chaque instant, qui est là, sans bruit, disponible et rassurant.
Cette tasse m’évoque aussi toutes les victimes de la catastrophe népalaise, tous les disparus. J’ai une pensée pour eux. Combien de tasses à thé attendent quelqu’un qui ne reviendra pas ? Combien de vies détruites du fait de ces catastrophes climatiques ?
