Au Japon, saison des cerisiers oblige, l’heure est à la contemplation. On vient de loin pour admirer les arbres recouverts de fleurs, pour se prendre en photo et parfois même tout simplement pique-niquer sous un couvert chargé de pétales roses ou blancs. Cet amour pour la nature dans ce qu’elle a de plus éphémère rappelle, bien sûr, le fameux « ichi go ichi e » qui est une invitation à se concentrer sur l’instant, à comprendre et accepter la fugacité de l’existence. Ce précepte constitue une part essentielle de la compréhension du « cha no yu », nom donné au Japon à la cérémonie du thé.
Cette même contemplation des cerisiers évoque le thé par un autre aspect. Lorsque l’on demande à un amateur ce que le thé lui inspire, ce qu’il lui apporte, le mot qui revient le plus souvent est le mot apaisement. Le thé nous apaise. Il nous apaise de la même manière que nous apaise cette contemplation silencieuse, joyeuse, béate, des cerisiers en fleurs, cette contemplation d’un paysage tout en délicatesse comme ici dans le parc Kenroku-en, à Kanazawa, l’un des plus fameux du Japon.