Massage africain


29 mai 2026
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Plusieurs pays d’Afrique de l’Est figurent parmi les plus importants producteurs de thé au monde. Au Burundi, j’ai longé les rives du lac Tanganyika jusqu’à la frontière tanzanienne, admiré de l’autre côté des eaux sur lesquelles flotte la nuit une constellation de barques de pêche, comme autant d’étoiles, les montagnes de la RDC (République démocratique du Congo). En une semaine, je n’ai jamais croisé le moindre Occidental et les enfants d’ici n’en ont parfois jamais vu si bien qu’ils rappliquent dès qu’ils m’aperçoivent. Ils sortent de l’eau et laissent éclater leur joie, leurs rires, donnent libre cours à leur curiosité. Il en arrive sans cesse. Tout juste le temps de déclencher, de chercher les réponses à des questions qui n’en attendent pas forcément, et je retourne à mon véhicule, et eux à leurs vagues. Après des heures d’une piste chaotique qui vous secoue en tout sens je prends la direction des montagnes. Au Burundi, ces heures à se faire trimbaler sur des routes éreintantes ont un nom : le massage africain.

À mon retour en France, quelqu’un m’a fait remarquer que ma photo n’était pas droite, que le lac penchait. Sur le moment, je ne l’ai pas cru. Plus tard, non plus. Je n’avais rien vu de tel. Je veux croire ma photo fidèle à ce que j’ai eu la chance de contempler, je veux croire ma photo fidèle à cet axe inattendu sur lequel repose ce beau lac Tanganyika. Quand on voyage, il faut accepter de se remettre en cause, de faire face à d’autres logiques. C’est tout le charme de l’aventure. Voici le lac comme je l’ai vu ce jour-là, il penchait à gauche, le poids des barques, sûrement, et du rire des enfants.

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