Agriculture biologique et développement durable

Au Japon, des agriculteurs biologiques de père en fils

16 février 2018
Au Japon, des agriculteurs biologiques de père en fils

Je vous présente Kitano Shuichi. Il est l’un des fermiers les plus attachants et passionnés par la culture biologique que j’ai rencontrés au Japon. Depuis 30 ans il pratique ce type d’agriculture, initié par son père. Celui-ci, convaincu des bienfaits du thé « bio » sur la santé a souffert sur un plan économique pendant 10 ans, du fait de rendements très bas, mais il a tenu bon. Aujourd’hui il vend très bien son thé car la demande pour le thé bio est devenue plus élevée. Kitano Shuichi et son père fabriquent leur compost eux-mêmes lorsque d’autres fermiers l’achètent à l’extérieur. Mais surtout, et ça n’est pas banal : ils refusent que quoi que ce soit d’animal entre dans la composition de leur compost. Exit la bouse de vache, par exemple. Ils croient en la bio-dynamie et la pratiquent avec succès. Ils sont si fiers de leur compost qu’ils insistent pour vous le faire goûter. En revanche, pour en connaître la recette exacte, vous aurez beau insister, ils ne dévoileront rien sinon, à travers leur sourire, une joyeuse humeur. 

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Nos amis les vers de terre

9 février 2018
Nos amis les vers de terre

Une plantation de thé qui pratique l’agriculture biologique n’utilise aucun pesticide ou fongicide conventionnel. Elle limite la propagation des indésirables à l’aide de prédateurs ou bien de répulsifs naturels. Quant à l’enrichissement des sols, pour compenser les nutriments que les théiers absorbent, surtout dans le cas d’une agriculture intensive, il nécessite un apport important de matières organiques. Le compost biologique peut être acheté à l’extérieur, ou mieux, produit dans la plantation. En ce cas, on peut avoir recourt à la vermiculture, une pratique assez répandue en Inde. On va alors donner à manger à des millions de vers de terre de la bouse de vache mêlée à des feuilles de bananier hachées, par exemple. Les vers vont produire des excréments et ce sont ces excréments qui seront plus tard disposés au pied de chaque théier.

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Le gaur : un désherbant puissant

24 novembre 2017
Le gaur : un désherbant puissant

Dans une plantation de thé, il m’arrive de tomber nez à nez avec des bestioles variées : charmantes coccinelles, ravissantes libellules, jolis papillons, araignées de toutes sortes, inoffensives pour certaines, un peu moins pour d’autres, mygales, sangsues, passereaux, rapaces, rongeurs, vers de terre, mangoustes, serpents longs comme le bras, cobras compris, chevreuils et j’en passe. Je rencontre le bison indien – que l’on nomme aussi gaur -dans le sud de l’Inde uniquement. Il est d’une puissance impressionnante. Les tigres, encore présents dans cette région, se mettent à plusieurs pour en faire leur repas. En attendant, le gaur se promène avec une certaine délicatesse entre les théiers. A défaut de se nourrir des feuilles de cet arbuste il raffole de toutes les mauvaises herbes qui poussent entre deux rangées. Une aide au désherbage, en somme.

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Ecologie : et si on se prenait par la main ?

23 juin 2017
Ecologie : et si on se prenait par la main ?

L’écologie fait rarement partie des priorités des politiques, mais pourquoi tout attendre d’eux ? Pourquoi regretter que l’écologie n’ait pas assez sa place dans le débat politique ou bien dans les programmes des candidats, et attendre passivement les élections suivantes pour que cela change ? On attend tout des politiques. Et si on se prenait par la main ? En matière d’écologie, notre pouvoir ne se résume pas à un bulletin de vote. Notre porte-monnaie, par exemple, concentre une partie importante de notre pouvoir. Si on ne veut pas d’un sac en plastique, on peut le refuser. Si on ne veut pas consommer des emballages en pagaille, on peut les refuser. Si on ne veut pas de maltraitance animale, on peut commencer par manger moins d’animaux. A en manger un peu moins souvent et à choisir des animaux qui ont eu une vie heureuse, en plein air, avec des vrais éleveurs qui connaissent leurs bêtes. Ou bien des poissons pêchés par des vrais pêcheurs et non pas par des chalutiers attrapent-tout qui déciment les océans. On peut acheter des produits frais, on peut acheter des produits de saison, on peut acheter local lorsque cela est possible. On peut acheter aux producteurs eux-mêmes plutôt que de fréquenter des grandes surfaces. Chacun de nous a le pouvoir de contribuer à limiter les conséquences souvent désastreuses de l’industrie alimentaire qui produit à grande échelle. On peut fuir les plats tout préparés. On peut aussi arrêter d’acheter des produits phytosanitaires inutiles : on critique les pratiques des agriculteurs alors que les particuliers inondent leur propre jardin de désherbants et autres engrais en tout genre. On peut trier. On peut méditer sur notre consommation à outrance. On peut recycler. On peut composter. On peut cultiver. On peut bricoler. On peut penser collectif. On peut s’aider. On peut donner. On peut récupérer. On peut pédaler. On peut cuisiner. On peut élever. On peut marcher.

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L’altitude, une alliée de choix

13 juillet 2016
L’altitude, une alliée de choix

Au Kenya, certaines plantations se situent à près de 2.000 mètres. A cette altitude, les insectes ou bien les champignons susceptibles de s’attaquer au théier sont particulièrement rares. Cela est dû aux basses températures. Il est donc plus facile, dans ces conditions, de produire un thé de façon organique. Reste alors, pour être certifié “Bio” (en plus du fait de ne pas utiliser les pesticides ou fongicides interdits), à ce que la terre soit enrichie de façon naturelle, avec du compost, par exemple.

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Une particularité du Népal

12 décembre 2014
Une particularité du Népal

 

Au Népal, beaucoup de fabriques de thé ne possèdent aucun champ. Elles doivent alors acheter les feuilles de thé fraîches aux paysans alentour. Cela permet souvent une meilleure équité. En revanche, la traçabilité est moins aisée et le responsable de l’usine doit passer du temps avec chaque fermier afin de s’assurer que ses méthodes de production sont propres.

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Les petits producteurs de thé au Sri Lanka

14 février 2014
Les petits producteurs de thé au Sri Lanka

 

Dans le sud du Sri Lanka, nombreux sont les petits producteurs qui font pousser du thé et vendent ensuite les feuilles fraîches à l’une des manufactures voisines. Le thé constitue pour eux une ressource parmi d’autres et ils ne sont pas dépendants, économiquement, en cas de baisse des cours. Ils sont liés par un contrat annuel avec un prix garanti. Ils choisissent la manufacture avec laquelle ils vont travailler et c’est elle qui devra organiser la collecte des feuilles. Un système équitable.

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Un ingénieux dispositif pour piéger les insectes

11 septembre 2012
Un ingénieux dispositif pour piéger les insectes

Durant les saisons chaudes et humides les feuilles du théier sont convoitées par toutes sortes d’insectes. Il devient alors nécessaire soit d’éloigner les volants, soit de les éliminer si l’on ne veut pas voir sa récolte fichue. Plutôt que d’utiliser des produits qui dégradent la qualité du thé et qui sont par ailleurs à la fois peu respectueux de la nature et d’autre part coûteux, les fermiers font preuve d’une certaine ingéniosité. Ici, près du Village des Singes (Chine), on a mis au point un dispositif, alimenté par panneau solaire, qui piège les insectes.

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La vermiculture : une pratique très répandue

13 janvier 2012
La vermiculture : une pratique très répandue

Nul besoin d’excrément de panda pour se lancer dans la production de thé répondant aux normes de l’agriculture biologique. Dans mon dernier billet il était question de ces sympathiques mammifères en raison du projet assez médiatique d’un industriel chinois.  Mais la vermiculture, quant à elle, existe depuis longtemps et se pratique dans de nombreuses plantations de thé. En quoi consiste-t-elle ? On va tout simplement organiser un élevage de vers de terre et les nourrir d’une mixture,  mélange de bouse de vache et de feuilles passées au hachoir (photo). Quelques semaines plus tard, on collecte les déjections des vers de terre et on les répand dans les sols. Grâce à cet apport particulièrement riche on élimine l’usage des engrais.  Par ailleurs, au milieu des déjections ainsi répandues vont se trouver des œufs qui donneront eux-mêmes des vers. Une fois adultes ces vers vont aider à l’aération des sols et à leur bonne irrigation. En plus de creuser des tunnels les vers se nourrissent des feuilles tombées à terre et aident ainsi à leur bonne transformation.

Les vers de terre représentent pour les sols une richesse inépuisable.

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Un thé cultivé avec des déjections de panda

10 janvier 2012
Un thé cultivé avec des déjections de panda

Il existe de par le monde un grand nombre de plantations de thé biologiques, comme ici, en Inde du Sud. A ce jour l’empire du Milieu en compte assez peu mais un chef d’entreprise chinois en mal de notoriété vient d’annoncer à grand renfort de presse qu’il venait d’acquérir pas moins de onze tonnes d’excréments de panda et se préparait à lancer le thé le plus cher du monde. Diable ! Le temps d’un week-end, l’information relayée par les plus grandes agences de presse a fait le tour du monde. Elle est même parvenue aux oreilles de Philippe Bouvard, mètre-étalon de l’humour gaulois, qui m‘a appelé aussitôt pour que j’intervienne lors de son émission « Les Grosses Têtes ».

De mon côté, cultiver du thé grâce à des déjections animales je trouve cela tout à fait normal. J’ai visité nombre de plantations dans lesquelles est pratiquée ce que l’on appelle la vermiculture, une technique que je me propose de vous détailler dans mon prochain billet.

L’agriculture biologique permet d’éviter les engrais chimiques et je n’y trouve pas matière à me tordre. En revanche, si cet entrepreneur Chinois à réellement l’ambition de commercialiser le thé le plus cher du monde il lui faudra un peu plus que ces onze tonnes d’engrais. Il lui faudra acquérir un savoir-faire. C’est moins drôle et c’est plus long.

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