A la recherche de thés remarquables

17 octobre 2025
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Dans ma vie de chercheur de thé, il m’est arrivé à de nombreuses reprises d’entreprendre un voyage sans avoir la moindre idée de savoir si celui-ci me récompenserait de mes efforts, me conduirait à découvrir quelque thé remarquable. Le Bhoutan est de ceux-ci. Des hommes et des femmes investis, des pratiques agricoles respectueuses, voilà aussi ce que je recherche. Depuis Paro, on rejoint la capitale, Thimphu, et de là un long voyage commence dans ce pays de la taille de la Suisse, peuplé d’un dixième seulement de la population helvète, et qui n’a connu ses premières voitures, ses premières routes, qu’à partir des années soixante, ses premiers touristes, vingt ans plus tard. Un pays au relief particulièrement accidenté dont l’essentiel du territoire est recouvert d’impénétrables forêts dans lesquelles personne n’aurait l’idée de s’aventurer, démons obligent. Les sommets himalayens eux aussi n’auront jamais été conquis, par respect pour les divinités qui sont là-haut chez elles.

(à suivre) 

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Au pays des dragons

10 octobre 2025
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Bhoutan. Un nom qui fait rêver le chercheur de thé que je suis. Depuis combien d’années est-ce que je m’interroge pour savoir si dans ce royaume mystérieux se cache quelque jardin de thé ? Vingt ans, trente ans ? De l’autre côté de la frontière, la plaine des Dooars, à l’ouest ; l’immense plaine de l’Assam, baignée par les eaux tumultueuses de l’indomptable Brahmapoutre, au sud. Et depuis ces deux régions couvertes de théiers et si souvent parcourues, je regardais avec persistance en direction de ces montagnes qui abritent tant de dragons. Un pays de nuages et de légendes, le pays du bonheur national brut, dit-on.

(à suivre)

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Matchamania

6 juin 2025
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Influenceuses et réseaux sociaux se sont emparés du matcha dont l’audience se limitait jusque-là aux amateurs de thé et adeptes de la cérémonie japonaise, rejoints par certains chefs pâtissiers ravis d’incorporer à leur recette la fine poudre verte.
Voilà le matcha sur le devant de la scène ou plutôt de l’écran. Un matcha un peu trop fluo pour être vrai mais dans ce monde où réel et virtuel se rejoignent qui s’en soucierait ? Au Japon, les meules qui réduisent en fine poudre les feuilles du thé d’ombre dont le matcha est issu tournent lentement. Pas sûr qu’elles suffisent à répondre à une demande inattendue.

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Thé et gingembre

23 mai 2025
Thé et gingembre

Il n’est pas rare que la culture du thé se trouve associée à une autre. Cela se rencontre dans différents pays et les rangées de théiers alternent alors avec des lignes d’arachides, de caféiers ou encore de noix poussant en haut de longilignes palmiers. Ici, sur les hauteurs de Taiwan, ce sont des plants de gingembre entre lesquels on vient installer de tout jeunes camélias. Il faudra attendre un peu pour en récolter les feuilles. Cette association appelle à la vigilance dans la mesure où le gingembre fait partie des cultures assez soumises aux attaques de divers parasites, attaques contre lesquelles il convient de lutter si l’on ne veut pas perdre sa récolte, et à l’aide de produits conformes aux normes de l’agriculture biologique, de préférence. Prudence, donc, et une analyse en laboratoire s’impose.

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Flétrir au grand jour

9 mai 2025
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A Alishan, région de Taïwan réputée pour ses thés de haute montagne, sitôt les feuilles récoltées on vient les étaler en plein air de façon à ce qu’elles bénéficient d’un flétrissage au soleil. Pour protéger les feuilles des intempéries, une toile électrique peut se dérouler à tout instant. Ce flétrissage constitue une première étape pour ces célèbres thés semi-oxydés qui vont ensuite subir différentes épreuves dont une sudation, à l’intérieur du bâtiment cette fois.

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Sérénité

25 avril 2025
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Nul besoin de plantations immenses, de domaines qui s’étendent sur des centaines d’hectares. Le thé c’est aussi cela, une maison entourée de camellia sinensis. Une production à échelle humaine. Dans de nombreux pays, la culture du thé a donné lieu à des pratiques intensives, en général en zone de plaine. Mais dès que l’on grimpe un peu, que l’on accepte de faire de la route, de finir à pied, on trouve des villageois qui cultivent le thé parmi d’autres matières agricoles et ces fermiers-là, de la façon la plus artisanale qui soit, manufacturent des thés remarquables. Il leur arrive aussi de vendre les feuilles fraîches à un voisin mieux équipé ou encore à la coopérative locale. Ce que je ressens ici c’est une atmosphère de sérénité. À huit heures du matin, le soleil était levé depuis longtemps et la maisonnée s’activait. Au chant du coq se mêlait celui d’un mantra, une salutation au soleil et à la vie.

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Transmettre

4 avril 2025
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Partager avec ses équipes sa passion, vivre ensemble des moments de bonheur, récompenser, se réjouir, valoriser les meilleurs, voici les mots qui me viennent pour dire la joie de partir en voyage avec ses équipes, en l’occurrence six Master Tea Sommeliers que j’ai invités en Inde afin de leur faire découvrir une station himalayenne iconique, Darjeeling. Durant cinq jours nous avons visité différentes plantations de thé parmi les plus remarquables (Risheehat, Barnesbeg, Seeyok…), y compris des petits producteurs, et dégusté les tous premiers grands crus de la saison. Nous nous sommes rendus aussi dans des villages sis au milieu de jardins de thé à l’abandon, où les équipes de Karuna-Shechen – la fondation de Matthieu Ricard – mènent des actions soutenues avec un fort engagement de la part de Palais des Thés.

Ici, entourés d’Allan Rai, le producteur de Yanki tea, de sa femme, sa mère, son père : Marie (boutique Lyon Croix-Rousse), Lucie (Nantes), Elena (communication), Simon (Liège), Lola (analyste de données), Kenza (Faubourg Saint-Antoine), et moi-même. Le partage, la transmission, existe-t-il quelque chose de plus important ? De plus essentiel ?

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A la soupe !

21 mars 2025
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Lorsque l’on participe à une dégustation professionnelle, on a devant soi la feuille sèche, la feuille infusée que l’on désigne sous le vocable d’infusion, enfin le liquide contenu dans la tasse et que l’on nomme la liqueur ou encore la soupe. Cette dernière appellation prend tout son sens lorsque l’on se sert, pour la transporter, d’une cuillère qui rappelle précisément celle que l’on utilise, en Asie, pour savourer le bouillon qui inaugure le repas. Ici, point de nid d’hirondelle ou d’ailerons de requin, pour autant la cuillère est bien là qui porte le thé jusqu’à l’orée des lèvres. Reste alors à le slurper puisque aspirer l’air dans un même élan permet de mieux appréhender la liqueur, sa texture, ses saveurs, ses arômes.

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Doigts d’acier

6 mars 2025
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L’homme au chapeau rose cache bien son jeu. Sous des abords délicats et cette tenue de camouflage aux tons pastel s’abritent de redoutables doigts d’acier. Sur chacun de ses index il a clipsé des lames de rasoir et de ses mains tranchantes il progresse plus rapidement entre les rangées de théiers dont il prélève à la vitesse de l’éclair le bourgeon ainsi que les deux feuilles suivantes.
En plus de trente ans de voyages en pays de thé, il m’est arrivé de tomber sur de fameux accessoires mais des phalanges prolongées par des lames d’acier, je dois reconnaître que je n’en n’avais jamais observées auparavant. Le thé se récolte encore à la main dans de nombreux pays du monde, c’est une chance. Tant mieux si certains font preuve d’ingéniosité et grâce à la vitesse atteinte bénéficient des bonus attendus.

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Un style propre

21 février 2025
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À Taïwan, de nombreux récoltants sont originaires du Vietnam. En termes vestimentaires, ils possèdent un style qui leur est propre et les rend aisément reconnaissables. Ils le conjuguent parfois jusqu’au bout d’un index qu’ils recouvrent de couleur vive et cette protection de caoutchouc leur évite un noircissement inopiné de la peau à la fin d’une journée de cueillette.

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