Au Kenya, le fameux cépage violet qui a été mis au point par le plus important centre de recherche du pays se caractérise par un feuillage contrasté. Si les feuilles plus anciennes conservent la couleur verte familière aux camélias, les pousses, en revanche, épousent une teinte pourpre facilement reconnaissable. Le travail de cueillette s’en trouve facilité et seules ces extrémités d’aspect rougeâtre, les plus tendres, doivent être récoltées.
Kenya
Kenya : un champion méconnu
Le Kenya est le premier exportateur de thé au monde. La Chine et l’Inde en produisent davantage, seulement ces deux pays consomment une partie significative de leur production, contrairement au Kenya. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, le sol, le climat, l’altitude conviennent parfaitement au Camellia sinensis et c’est pourquoi les Anglais y ont introduit cette culture au début du XXème siècle. De nos jours, le thé représente une part essentielle des ressources du Kenya. Et pourtant, qui sait que le Kenya produit du thé ? La majeure partie de la production correspond à un thé industriel appelé CTC (crush, tear, curl ou « écraser, déchirer, rouler »). Il s’agit du thé brisé que l’on trouve dans les sachets en papier, c’est-à-dire, dans la plupart des cas, des mélanges de différentes origines. D’où l’absence de mention du pays sur l’emballage. Pourtant, le Kenya a un bel avenir à condition de considérer certains des superbes thés qui poussent en altitude et sont récoltés à la main, travaillés selon la méthode dite orthodoxe. Ces thés peuvent rapporter bien plus, en termes de revenus et de fierté, aux populations qui vivent de cette culture, alors essayons de sélectionner de façon rigoureuse les plus beaux crus, d’encourager les fermiers, de les initier à de nouvelles techniques, de stimuler leur créativité, et de tout mettre en œuvre pour faire connaître aux consommateurs cette origine injustement méconnue.
Le cultivar violet : une fierté kényane
Le cultivar « pourpre » ou « violet » fait partie de l’identité kényane dès lors qu’il est question de thé. La couleur définit ici le cépage et non pas la façon dont la feuille est travaillée. Ce cultivar est très facile à reconnaître lorsque l’on se promène dans les champs de thé (ici, au second plan). Il est réputé pour sa forte teneur en anthocyane, un colorant naturel particulièrement riche en antioxydants. Né du travail de chercheurs kényans, ce même cultivar a pour nom de code TRFK 306/1. Après la récolte, les feuilles prélevées sur l’arbuste peuvent subir la même manufacture qu’un thé vert, noir, blanc ou semi-oxydé, selon le souhait et le savoir-faire du fermier.
Tapis vert
Le tapis vert n’est pas toujours synonyme de jeux de hasard. La qualité du thé que l’on produit à partir des feuilles récoltées sur cette belle étendue émeraude n’a que peu à voir avec la chance. Pour produire le meilleur thé, il s’agit plutôt de ne récolter que le bourgeon ainsi que les deux jeunes pousses terminales qui se situent à l’extrémité des rameaux. Les étapes suivantes, qui auront lieu cette fois dans la manufacture de thé, seront aussi décisives sur la qualité.
Au Kenya, pour fêter la fin du confinement
Aujourd’hui je vous emmène sur les pentes du Mont-Kenya. A près de 2.000 mètres d’altitude, on y cultive un thé noir assez charpenté, aromatique. D’une plantation à l’autre, la qualité varie. L’un des plus fameux centres de recherche sur le thé s’y trouve, une chance pour les fermiers alentour qui vont pouvoir disposer de conseils judicieux et conformes aux normes de l’agriculture biologique, ici très répandue.
L’alignement de poteaux blancs sur lesquels est inscrit le nom du cultivar donne à cette parcelle l’allure d’un mémorial. Une belle façon d’enterrer notre confinement.
Un cépage riche en antioxydants
On peut désirer déguster un thé pour ses qualités gastronomiques, on peut être dans le même temps sensible aux bienfaits du thé et en particulier à sa teneur en polyphénols.
L’un des cépages les plus riches en antioxydants se nomme TRFK 306/1. Il a été mis au point par le fameux centre de recherche de thé du Kenya que j’ai eu l’occasion de visiter. La particularité de ce cépage, outre que les polyphénols sont en quantité une fois et demie plus importante que pour les autres thés, réside dans la couleur de ses feuilles. Vous pouvez admirer ici, à droite, leur belle teinte pourpre.
L’altitude, une alliée de choix
Au Kenya, certaines plantations se situent à près de 2.000 mètres. A cette altitude, les insectes ou bien les champignons susceptibles de s’attaquer au théier sont particulièrement rares. Cela est dû aux basses températures. Il est donc plus facile, dans ces conditions, de produire un thé de façon organique. Reste alors, pour être certifié “Bio” (en plus du fait de ne pas utiliser les pesticides ou fongicides interdits), à ce que la terre soit enrichie de façon naturelle, avec du compost, par exemple.
Feuilles de thé sous abri
Entre le moment où les feuilles de thé sont récoltées et le moment où elles atteignent le bâtiment où elles seront travaillées, il ne faut à aucun prix qu’elles fermentent. Cela pourrait gâcher la qualité du thé. On trouve donc, à différents endroits des plantations, un petit abri tout simple conçu pour que les feuilles soient épargnées par la pluie en attendant d’être conduites à la factory.
Un Grand Cru venu du Kenya
Dans ma théière, ce matin, les feuilles de « Mount-Kenya Golden-Leaves » s’épanouissent. Il s’agit du premier grand cru que j’ai trouvé au Kenya et il nous arrive tout juste. Ses notes miellées, boisées, cirées et reglissées me ravissent. Elles réchauffent et célèbrent à leur façon l’hiver qui s’achève. Elles donnent envie de rester encore un peu au chaud, avec des choses douillettes autour de soi. Elles donnent envie de les humer, bol calé entre ses mains.
Un grand cru du Kenya est un événement. 3ème producteur et 1er exportateur de thé au monde, ce pays ne produit quasiment que des thés en poussière, pour l’industrie du sachet. Il faut donc encourager celles et ceux qui se lancent dans le défi de la qualité, récoltent les feuilles à la main et avec précaution, font de l’artisanat là où d’autres font de l’industrie.
Sur cette photo, le centre de recherche de Kangaita qui apporte une aide précieuse aux petits producteurs.
De la récolte à la manufacture
Aussitôt les feuilles de thé récoltées, elles doivent être amenées sur le lieu de leur manufacture le plus rapidement possible. Il faut à tout prix éviter que les feuilles entassées ne fermentent. Cette fermentation accidentelle affecterait de façon notoire la qualité du thé. Ici, au Kenya, on utilise de très grandes hottes, très aérées, afin que les feuilles cueillies respirent bien.






