Sur l’archipel des Açores, des tentatives existent de manufacturer de délicieux thés à partir de récoltes manuelles et de cueillettes particulièrement fines. Les expérimentations ont lieu sur de petites parcelles nichées au cœur de l’île de Sao Miguel. Dans les locaux de l’institut de recherche agronomique, Clara fait subir à ses précieuses récoltes chacune des étapes de la fabrication du thé. A partir de divers cultivars, elle obtient des résultats remarquables. Si la quantité de thé manufacturée reste pour le moment confidentielle, j’ai hâte de pouvoir aider Clara et de futurs agriculteurs de l’île à faire connaître leur surprenante production.
La culture de la menthe
La menthe apprécie l’humidité et si elle accepte de pousser dans des zones désertiques c’est parce qu’on y a mis en place un système d’irrigation. Au Maroc, l’eau est tirée de profonds puits, en Egypte, elle vient du Nil, bien sûr. Un pied de menthe donne un bon rendement pendant trois années, à la suite de quoi il est remplacé, à l’aide de boutures ou encore par des stolons qui vont être triés puis mis en terre. Et quelques mois plus tard, on peut déjà récolter.
Pour récolter la menthe, une méthode ancestrale
Egypte et Maroc sont de gros producteurs de menthe verte, celle que l’on utilise lorsque l’on se prépare le fameux thé, symbole d’hospitalité au royaume chérifien. La récolte se pratique selon des méthodes ancestrales, à l’aide d’une simple faucille. La taille a lieu trois à quatre fois par an, sur des terres irriguées qui s’évanouissent dans le désert. Parfois, un engin motorisé – sorte de cisaille à trois roues pourvue de bras et d’un siège – vient distraire le silence.
Aux Açores, l’éco-pâturage en action
De nombreuses techniques de désherbage existent pour venir à bout de la végétation qui pousse entre les rangées de théiers. L’une des plus naturelles qui soit consiste à laisser paître les animaux. Dans le sud de l’Inde on peut tomber nez à nez avec une sorte de bison qui fait la joie des fermiers, tandis qu’ici, aux Açores, dans la plantation Gorreana, ce sont de magnifiques chèvres qui font le boulot.
Thé et hospitalité
Rien n’est plus simple que de prendre le temps d’un thé et ici, dans le désert égyptien, les paysans, lors de la récolte de la menthe, réunissent quelques morceaux de bois de figuier, font chauffer l’eau dans une bouilloire rudimentaire et qui fera aussi office de théière. Quelques minutes plus tard, chacun savoure le bonheur d’être ensemble.
Se mettre au vert
Parfois les champs de thé donnent sur la mer, le vert s’ouvre sur le bleu. Cela se rencontre au Japon, par exemple, ainsi que dans divers points du globe, par exemple ici, aux Açores. Le bleu d’un lac installé dans un ancien cratère évoque lui aussi l’évasion. L’expression se mettre au vert signifie prendre du recul et pour moi qui suis dans le vert toute l’année me correspondrait davantage à l’heure des vacances de remplacer cette couleur par le bleu. Je vous souhaite un bel été et vous retrouve avec joie début septembre, pour de nouveaux voyages.
Gorreana et Porto Formosa
Il existait autrefois quatorze plantations de thé aux Açores, il n’en reste aujourd’hui que deux. A Gorreana, une institution, les touristes se pressent aux portes de l’usine. Il faut dire que tout est d’époque et qu’il n’est pas si commun pour un Européen de pouvoir assister aux diverses étapes de la fabrication d’un thé. Non loin de là, Porto Formosa accueille aussi les curieux, et comme souvent aux Açores, avec une superbe vue sur l’océan. Ces manufactures anciennes produisent essentiellement du thé noir, mais aussi un peu de thé vert. Les récoltes sont mécaniques. Quant à la qualité de ces thés, disons qu’ils font la joie des visiteurs qui peuvent, infusion après infusion, revivre leur merveilleux périple sur un archipel de toute beauté.
Du thé aux Açores
Depuis plus de cent ans, on cultive le thé sur l’île de São Miguel, aux Açores. Un climat chaud et humide, une terre volcanique et acide, un relief montagneux. Il n’en faut pas davantage pour que le théier se sente ici chez lui.
Bayonne, à quand la fête du thé ?
Maire-adjoint de Bayonne et belle plume, dans le récit cocasse qu’il fait de l’inauguration de la boutique de Bayonne, Yves Ugalde écrit, je cite, qu’il s’est dirigé vers cette nouvelle offre commerciale bayonnaise avec un rien de réticence, « ne serait-ce que parce que je craignais d’être reçu par quelque grand prêtre du monde d’après COVID, enfourchant toutes les montures du marketing végan et non carné des bobos écolos des grandes villes. De ces univers où le tube digestif se transforme progressivement en soliflore ». Son récit me réjouit parce que telle est bien la mission de Palais des Thés que de débarrasser le thé de ses divers clichés, et de guider chacun en fonction de ses goûts, à la façon d’un caviste, vers des thés faciles à apprécier, ou des crus plus rares. Et quel bonheur que de lire qu’il est tout prêt à se faire aujourd’hui une autre idée du camellia sinensis, d’autant que sur les terres de ce beau Pays-Basque, de très sérieuses tentatives existent à l’heure actuelle pour l’y faire pousser. Entre Nive et Adour, entre la Fête du Jambon et celle du Chocolat, à quand la Fête du Thé ?
Un train de vie
Darjeeling n’a pas le monopole du petit train et celui qui rallie Colombo à Badulla en dix heures serpente à maintes occasions entre les champs de thé, pour le bonheur des touristes comme des nombreux Sri Lankais qui empruntent cette ligne. Hélas, l’île connaît aujourd’hui de fortes turbulences à la fois économiques et politiques. Pourvu que ce pays d’une grande beauté et qui a connu la guerre durant plusieurs décennies se dirige résolument vers des jours meilleurs, pour le bonheur de ses habitants et des nombreux visiteurs.
