Par les temps qui courent, mieux vaut ne pas s’exposer plus que de raison. A l’heure où de méchants virus se baladent, on est bien chez soi à déguster de délicieux thés. On admire la liqueur avant de fermer les yeux et de la faire tourner en bouche. On reste attentif à nos sensations, attentif aux arômes, à la texture sur la paroi des joues, la langue et le palais, attentif aux saveurs. Puis, après avoir dégluti, on se laisse transporter par la longueur en bouche.
Le confinement, une belle occasion de vivre des expériences gastronomiques.
Sans toit
Au Népal, parmi les personnes qui ont eu du mal à rester confinées, celles dont les les maisons n’ont toujours pas de toit. Dans des villages reculés de cet ancien royaume himalayen, il m’arrive encore de me retrouver dans des hameaux un peu isolés dont les maisons en ruine n’ont jamais été reconstruites depuis le dernier tremblement de terre. Et ce, malgré toutes les aides internationales.
La vie en rose
J’entends dire, en France, dès que j’allume la radio, que les Verts ont gagné. Alors je tends l’oreille, forcément, le vert c’est ma couleur. Les champs de thé sont verts, les feuilles de thé sont vertes, la nature qui entoure les plantations de thé est verte. Tout est vert, autour de moi, lorsque je me promène au milieu des théiers. Tout est vert mais la variété des verts est infinie, du vert-jaune au vert jade, du vert luisant au vert plus mat, du vert-sombre au vert-tendre pour n’en citer que quelques nuances.
Tout est vert, dans ces paysages qui me sont chers, tout est vert et moi, ni vert de peur, ni vert de rage, au milieu du vert, je suis heureux, au milieu du vert, je suis bien, en paix. Au milieu du vert, je vois la vie en rose.
Gare à la canicule !
Le théier n’aime pas la canicule. Dans les régions les plus chaudes, on le fait pousser sous couvert, comme ici, à Taiwan. Sous couvert, cela ne signifie pas tout à fait à l’ombre, cela signifie que de temps à autres nos chers petits bourgeons vont connaître un peu de répit. En deux mots, on veille à ce que la lumière ne vienne pas de façon directe, tout au long de la journée, taper contre les feuilles.
Une patience justifiée
Lorsque j’achète un thé rare, tout frais, je n’ai qu’une hâte, le faire découvrir à vous-mêmes, amateurs de Grands Crus. Mais les choses ne sont pas si simples car parmi mes exigences figure celle-ci : que le thé soit propre. Du bon sens, me direz-vous. Lorsque j’achète un thé en provenance d’une plantation ou bien d’une ferme dont la production est certifiée organique, je peux me fier au travail de l’organisme certificateur et procéder seulement à des contrôles aléatoires. En revanche, s’il s’agit d’un thé non certifié, dès qu’il va arriver en France, au lieu d’être aussitôt dispatché en boutique afin d’être proposé aux amateurs, il va être envoyé en laboratoire spécialisé, le temps d’y être analysé. Et cela prend une semaine. Une semaine à patienter avant que vous puissiez découvrir le thé en boutique et le déguster en toute sécurité.
Un beau paysage ne fait pas toujours un bon thé
Si les plantations de thé du Sri Lanka figurent parmi les plus belles du monde, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Il faut savoir ne pas se laisser influencer par de beaux paysages. Les meilleurs thés de l’île se rencontrent dans le sud, dans une région peu montagneuse tandis qu’ici, à l’ouest de Nuwara Eliya, plus que d’une expérience de dégustation remarquable, on peut jouir de vues magnifiques.
Au Kenya, pour fêter la fin du confinement
Aujourd’hui je vous emmène sur les pentes du Mont-Kenya. A près de 2.000 mètres d’altitude, on y cultive un thé noir assez charpenté, aromatique. D’une plantation à l’autre, la qualité varie. L’un des plus fameux centres de recherche sur le thé s’y trouve, une chance pour les fermiers alentour qui vont pouvoir disposer de conseils judicieux et conformes aux normes de l’agriculture biologique, ici très répandue.
L’alignement de poteaux blancs sur lesquels est inscrit le nom du cultivar donne à cette parcelle l’allure d’un mémorial. Une belle façon d’enterrer notre confinement.
En route pour le Rwanda
Que diriez-vous de vous promener en ma compagnie dans une plantation de thé du Rwanda ? Nous sommes à trois heures de voiture au nord de Kigali. Avant d’atteindre la plantation de Sorwathe, située sur le haut du plateau, nous parcourons d’abord et sur des kilomètres un magnifique fond de vallon couvert de théiers.
La route fait comme une longue cicatrice et dans la lumière du soir la terre ainsi balafrée épouse des teintes rouge sang.
Je vous emmène à Kolkata
Rien de tel pour se déconfiner en douceur que de voyager depuis son fauteuil. Je vous emmène aujourd’hui à Kolkata, ville du thé par excellence. Le soir, le long du bras du Gange qui se nomme le Hooghly, des Bengalais viennent faire leurs ablutions et plonger dans les eaux sacrées tandis que d’autres attendent le passeur qui les conduira sur la rive opposée de ce fleuve majestueux qui inonde de joie cette ville tentaculaire.
Pour fêter notre déconfinement
Pour fêter notre déconfinement je vous emmène au Malawi. Vous êtes sans doute peu nombreux à être allés dans ce pays d’Afrique de l’Est et, si j’en crois mon expérience, tout aussi peu nombreux à pouvoir le situer sur une carte. Le sud de l’ancien Nyassaland est dominé par des massifs montagneux d’une grande beauté, ainsi que des haut-plateaux recouverts de théiers.
Voici une nouvelle manière de voyager post-Covid que je vous propose aujourd’hui. Pour vous, pas besoin d’avion ni de visa. Pas de décalage horaire. Et vous pouvez, tout en contemplant les photos de ce blog sur grand écran, voyager d’un pays à un autre voire déguster en même temps le thé du pays en question. Un must.









