Certes, le théier a besoin de lumière, mais cela ne lui plait pas pour autant de subir toute la journée les rayons d’un soleil direct. Il apprécie jouir de temps à autre d’un peu d’ombre, surtout s’il a été planté à basse altitude, à un niveau où les températures peuvent facilement monter. Alors on crée un léger couvert pour être agréable à notre théier et le faire bénéficier d’un temps de repos. Ce couvert se compose le plus souvent d’arbustes appartenant à la grande famille des légumineuses, plantes dont le feuillage en se dégradant enrichit les sols notamment en azote. Un engrais vert, en quelque sorte, très apprécié par le théier.
Se préparer au thé
Il y a la préparation du thé et il y a la préparation au thé. Lorsque je me prépare un thé, je me prépare aussi au thé. Cela signifie que je ralentis mon rythme, je prends le temps de souffler, comme on dit. Je mets entre parenthèses toute préoccupation que je peux avoir, je me donne de la légèreté. Je concentre mon attention sur un objet qui m’est cher, une émotion positive, ou encore un beau paysage, comme ici. Une vue sur un jardin. Et pendant que mon thé infuse, et pendant que je le déguste, me tenant bien droit et détendu à la fois, je suis apaisé.
Un thé qui nous apaise
Parfois je m’interroge à propos de ce que le thé m’apporte. Pourquoi me fait-il tant de bien ? Aujourd’hui je fouille dans mes photos pour alimenter ma réflexion. Et je tombe sur ce cliché, pris au bord du Gange. Lorsque je le contemple, je ressens exactement ce même apaisement que celui que me procure la dégustation de mon breuvage favori. Me voilà donc rendu où je voulais, à la définition de cet apport du thé, son bienfait : le thé m’apaise. Lorsque je me prépare un thé, lorsque je tiens la tasse dans mes mains, déjà je me détends, je ferme les yeux, je me concentre et me sens devenir libre. Je me détache des choses, brise d’invisibles liens qui me contraignent. Comme cette silhouette, cet homme-oiseau qui embrasse le ciel et s’affranchit de toute pesanteur. Le thé, un appel à l’apaisement.
Les hommes à la tâche
De nos jours, ce sont souvent les femmes qui récoltent le thé dans les plantations créées par les Anglais. En Inde, au Sri Lanka et dans différents pays d’Afrique de l’Est… Pourtant, ça fait longtemps que nos amis britanniques ont abandonné la partie. Et si les pratiques mises en place par eux demeurent dans maintes zones de production, il n’en reste pas moins que lorsque les cultivateurs se retrouvent livrés à eux-mêmes, comme ici entre Gange et Brahmapoutre, ils se répartissent les tâches comme ils l’entendent. Et ça fait du bien de voir les hommes aux champs, ça fait du bien de ne pas entendre les mêmes sempiternelles bêtises : « Les doigts des femmes sont plus fins, plus agiles… », « Les femmes ont des pratiques plus délicates… ». Quelle blague ! Même ceux que je photographie, cela les fait rire. Finissez 2023 en beauté et à l’année prochaine !
Moteur !
Dans une plantation de thé – à moins de tout faire à la main, du passage au wok jusqu’au séchage, ce qui représente un travail proprement titanesque -, il faut un moteur pour faire tourner les différentes machines. Une curiosité attend celui ou celle qui a la chance de visiter la factory de Badamtam (Inde). Un antique et non moins authentique moteur de bateau trône à l’arrière du bâtiment et après avoir entraîné durant des années les diverses machines dédiées au thé. Aujourd’hui, l’engin brille comme un sou neuf aux côtés d’un petit temple hindou. Les dieux veillent à son parfait fonctionnement.
Un métier humain
Inviter des collaborateurs à m’accompagner en voyage représente pour moi une chance unique de faire découvrir à celles et ceux qui participent au succès de Palais des Thés d’où vient le thé, comment on le source, qui sont celles et ceux qui les récoltent et le manufacturent. Sur place, comme ici à Darjeeling (Inde), ils vont se plonger dans l’univers du thé, prendre les feuilles à pleines mains et les analyser à chaque étape de leur transformation. Mais surtout, ils vont découvrir à quel point le métier de chercheur de thé est un métier humain. Les hommes et les femmes qui vivent sur ces montagnes, nous les connaissons – depuis plusieurs décennies pour certains-, et nous les aimons. Ici, entre deux dégustations et visites de plantation, Audrey, Camille, Geoffroy, Laurence, Laurie et Marc réalisent que la cueillette n’est pas une activité aussi aisée qu’il y paraît.
Tea reporter
Avant de travailler dans le thé, il y a donc de cela plus de trente-six ans, j’ai eu envie de devenir journaliste. Et depuis cette époque je mêle à ma façon ce vieux rêve et mon activité, en l’occurrence ma recherche de thés rares. Je m’essaye au reportage. D’où ce blog, entre autres. Ou encore ce podcast « Un thé, un voyage », qui me donne lui aussi la chance de pouvoir vous emmener en voyage.
Ici, lorsque je tombe sur des villageois qui vivent dans un tel dénuement, c’est le reporter qui prend le dessus et qui se demande, est-ce que le thé que l’on récolte ici les aide à vivre, ces villageois, et sans le thé ça serait pire encore ? Ou bien est-ce que le thé – un thé de piètre qualité qui ne vaut rien ou presque -, contribue à les maintenir dans cette condition-là ?
« Master Tea Sommelier », à la fois œnologue, sommelier et caviste
Être Master tea sommelier, en quoi cela consiste-t-il ? Un Master Tea Sommelier est avant tout un passionné, doublé d’un expert, qui a envie de transmettre son savoir. Il peut former ses collègues, enrichir les connaissances de ses clients, intervenir auprès de chefs étoilés, par exemple. Un Master Tea Sommelier connait ses thés sur le bout des doigts ou plutôt de la langue, thés noirs, blancs, verts, bleu-verts, jaunes, sombres. Les techniques de manufacture de chaque thé n’ont pas de secret pour lui. L’histoire du thé, sa géographie, les cépages et les méthodes agricoles, l’analyse sensorielle lors de la dégustation, la connaissance et la maîtrise des objets du thé, rien ne lui échappe. Il sait aussi quel thé associer à quel mets ou encore quel thé utiliser dans telle ou telle recette de cuisine. Un Master Tea Sommelier est à la fois œnologue, sommelier et caviste. A ce jour, Palais des Thés a délivré 53 diplômes et consacré autant d’heureux passionnés. Peut-être l’un d’entre eux travaille-t-il dans votre boutique préférée, n’hésitez pas à le demander…
(Photo : Louise Marinig)
« Master Tea Sommelier », la passion en partage
Une fois l’an, Palais des Thés réunit ses « Master Tea Sommeliers ». Ces formidables passionnés représentent le niveau de connaissance le plus élevé. Ils ont acquis un savoir impressionnant et décroché le fameux diplôme si convoité et le plus exigeant. Une journée est donc dédiée à ces bienheureux experts, journée de partage et d’expériences diverses. Déguster ensemble, se retrouver autour d’une passion commune… What else ?
(Photo : Louise Marinig)
Petits producteurs et grands domaines
A Darjeeling, une région à laquelle je suis particulièrement attaché et que j’ai si souvent visitée, on trouve de grands domaines tels qu’ils ont été créés par les British entre le milieu et la fin du 19ème siècle. On trouve aussi quelques initiatives locales, des petits producteurs qui possèdent quelques hectares ou bien collectent les feuilles de paysans alentour. On les voit parfois intervenir aussi sur des plantations à l’abandon. C’est alors toute la famille qui récolte et qui va ensuite manufacturer ces feuilles de façon artisanale, certes, mais parfois très réussie. Parmi ces initiatives, citons Yanki tea farm ou encore Niroula tea farm.