Portraits

Monsieur Kumada, un fermier amoureux de sa terre

17 février 2017
Monsieur Kumada, un fermier amoureux de sa terre

 

Je vous présente monsieur Kumada. Monsieur Kumada vit entouré de huit chats. Il travaille le thé sur sept hectares, à l’extrême sud du Japon, sur les hauteurs de Kagoshima, loin de tout, loin du moindre village. Il a pris la suite de son père qui était lui aussi fermier. Mais il ne cultive que le thé à la différence de son père qui cultivait également le tabac, faisait de l’élevage de vaches, de cochons et de vers à soie. Quand je lui ai demandé ce qu’il aimerait que je mette en avant sur mon blog, monsieur Kumada m’a aussitôt répondu qu’il était fier de ses pratiques agricoles, fier de cette certification « bio » qu’il a obtenue. Il veut garder l’environnement du mieux qu’il peut, il en est responsable, dit-il.

Monsieur Kumada produit des thés verts, bien sûr, mais également un thé noir que je viens de sélectionner. C’est la première fois que je déguste un thé noir du Japon qui soit aussi bon, une expérience gastronomique intéressante. Et la personnalité attachante de monsieur Kumada n’est pour rien dans mon choix dans la mesure où toutes mes dégustations se font à l’aveugle, mais cela renforce bien sûr le plaisir que j’ai à mettre en avant sa belle production.

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Visiter les écoles fait partie de mon travail

18 novembre 2016
Visiter les écoles fait partie de mon travail

Une plantation de thé, une ferme qui produit du thé, c’est un univers à part entière. Partout où l’on cultive le thé, partout où on le manufacture, il y a à la fois un aspect agricole et un aspect humain. Le thé est à la croisée de ces chemins-là : le végétal et l’humain. Il est donc tout naturel, lorsque je rencontre des producteurs de thé, que je m’intéresse à tous les aspects de la vie de la ferme, à la qualité du thé, bien sûr, la qualité des plants, la qualité des sols et la façon dont on les respecte, la qualité de l’environnement, des forêts, des rivières, la qualité de l’habitat, la qualité des soins que l’on peut trouver si l’on se blesse, la qualité de toutes les préventions nécessaires et donc, bien sûr et avant tout, la qualité de l’éducation. Visiter une école fait partie de mon travail et je prends beaucoup de plaisir à discuter aussi bien avec les élèves qu’avec les professeurs. Pour rien au monde, je ne louperais ce moment, ni ne l’abrégerais.

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Le thé en partage

7 octobre 2016
Le thé en partage

Je rentre tout juste de Darjeeling. Chaque année, j’invite des responsables de boutique à me suivre dans les plantations. Je me souviens des débuts de Palais des Thés. J’ai passé les trois premières années de cette belle aventure en boutique, au comptoir, à accueillir les clients et à les servir. A l’époque, je n’avais encore jamais vu de théiers. Puis, j’ai pris mon baluchon et je suis parti explorer les montagnes de thé en Chine, au Japon, en Inde, puis d’autres pays. Cela m’a transformé et a bouleversé le lien que je pouvais avoir avec le thé. Le thé est devenu pour moi une passion. Ce lien est devenu fort, riche, puissant. Ma vie a changé.

Voilà pourquoi je veux que les responsables de boutique aient la même chance que moi, celle de découvrir le thé in situ, rencontrer les gens du thé, des cueilleuses aux fermiers en passant par ceux qui transforment la feuille. La chance de comprendre le climat, les sols, les cépages, les méthodes de production. Le thé est un monde à part entière, au même titre que le vin. Il suffit de modifier à la marge un paramètre – une différence d’altitude, ou bien d’orientation, une pente moins inclinée, un cultivar hybride, une averse qui se produit au moment de la manufacture, que sais-je – pour que le thé ait un goût autre. Rien ne remplace l’expérience. Ces responsables de boutique repartent le cœur joyeux et les yeux émerveillés. A leur tour de rêver à ces montagnes brumeuses, à ces visages rencontrés, à ces sourires échangés. Et, surtout, de partager leur rêves avec leurs équipes, leurs clients, leur entourage. Le thé, il faut le vivre pour le comprendre.

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Épouser les traditions

16 septembre 2016
Épouser les traditions

Après une journée fatigante à marcher durant plus de six heures pour rejoindre les vieux théiers et revenir ensuite au village, on a besoin de se requinquer. La nourriture, dans cette région du nord-Viêt-Nam est délicieuse. Chez les Daos qui m’hébergent, je me plie à la tradition : pendant tout le repas, je vais trinquer à tour de rôle avec toute personne – et elles sont nombreuses – qui me feront signe en levant leur verre, et je devrais vider mon verre d’un trait puis échanger une poignée de main avec elles. Entre deux lampées de cet alcool de riz local, je prends le temps de déguster chacun des plats délicieux. La préparation du repas a lieu dans la même pièce que celle dans laquelle nous dînons, assis par terre. Sitôt le repas terminé, nous nous couchons sur des nattes, toujours dans cette même pièce, sans cloison autre qu’une moustiquaire qui nous sépare les uns des autres, ni même du dehors, avec tous les bruits de la jungle qui font le sommeil rare. On entend aussi, sur les nattes avoisinantes, une mère qui allaite, quelqu’un qui ronfle un peu fort, un autre qui tousse, entre autres soupirs et chuchotements… lorsque le coq a chanté, mon sommeil m’avait quitté depuis longtemps et je suis sorti pour marcher, pour voir le jour se lever depuis le bord d’une rizière, au-dessus du village. De retour pour le petit déjeuner , je me suis assis et le maître de maison m’a aussitôt rempli, à mon grand étonnement, un verre d’alcool de riz qu’il m’a tendu, il a aussitôt levé le sien vers moi, avec enthousiasme, j’ai décliné, je n’y croyais pas, je rêvais d’un thé, en vain, mon hôte était sérieux, il commençait à s’assombrir devant mes protestations, il l’aurait mal pris si j’avais poursuivi dans cette voie, voyager c’est épouser les traditions de celles et ceux qui nous font la gentillesse de nous recevoir, j’ai vidé mon verre d’un trait. Plus tard, il m’a offert un thé, un thé bien mérité, un thé que j’avais rarement autant désiré.

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Une mosaïque de cultures

2 septembre 2016
Une mosaïque de cultures

Dans les régions où l’on récolte le thé sur des théiers sauvages, que ce soit au sud du Yunnan (Chine), au nord du Laos ou bien comme ici, au Viêt-Nam, les villageois appartiennent essentiellement à des minorités ethniques. Ces minorités sont très diverses. Chaque minorité a ses propres coutumes, parfois sa propre langue. Se promener dans les montagnes de ces régions permet de faire l’expérience de cette mosaïque de cultures. Cette femme, occupée à récolter les feuilles de thé en haut d’un arbre, appartient à la communauté Dao… (à suivre).

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Les Darjeeling se font désirer

8 avril 2016
Les Darjeeling se font désirer

Cultiver du thé n’est pas de tout repos. A Darjeeling, après un hiver trop sec, les pluies ont fini par venir mais, il y a quelques jours, une tempête de grêle d’une rare violence s’est abattue et a occasionné des dégâts considérables dans les plantations situées au nord du district. Par chance, entre les pluies et la grêle quelques très beaux lots ont été manufacturés et je suis heureux de vous annoncer l’arrivée prochaine de thés remarquables en provenance de Risheehat, Puttabong, Singbulli, Thurbo Moonlight, North Tukvar, DelmasBari et Turzum.

A propos de Turzum, voici un portrait que j’ai fait en mars d’Anil JHA, l’un des trois planteurs les plus réputés de Darjeeling. Il se concentre ici sur l’odeur de la feuille humide, à même l’intérieur du couvercle du set à déguster.

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Aimer son pays

27 novembre 2015
Aimer son pays

A l’heure où l’on voit fleurir un peu partout notre drapeau français, je retrouve cette joyeuse photo. En mai dernier, alors que leur pays vient d’être secoué par une grave secousse, ces gamins arborent fièrement un « I love Népal » et un grand sourire qui fait plaisir à voir. Ces enfants ont bien raison d’aimer leur beau pays.

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Alex, pionnier des Grands Crus de thé du Malawi

19 juin 2015
Alex, pionnier des Grands Crus de thé du Malawi

 

S’il existe des très bons thés au Malawi c’est grâce à Alex. Il est le seul à en produire. Toutes les plantations de thé de ce pays produisent un thé industriel récolté à la cisaille, mais Alex ne se contente pas de cela. C’est un amoureux du thé. Il est né au Malawi, a grandi dans la plantation de son grand-père, le thé c’est toute sa vie. Alors il cherche, il se documente sur la façon dont sont faits les thés sombres, les thés verts, les thés semi-oxydés, les thés blancs, il déniche certains outils nécessaires à leur fabrication qu’il fait venir de Chine ou bien de Taïwan. Il manufacture ses thés à sa manière, avec son style, son terroir, ses cultivars.

J’ai sélectionné chez lui son Satemwa Dark, son Zomba Green et son Small Holders Black tea – thé produit grâce à son association avec des petits producteurs et en ce moment le meilleur thé noir d’Afrique. Je vous les recommande vivement.

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Rencontre au détour d’un chemin

22 mai 2015
Rencontre au détour d’un chemin

 

Cette femme a 95 ans. Elle vit dans une ferme complètement isolée, avec son mari. Ils vivent seuls, à flanc de montagne, loin de toute habitation, avec juste quelques poules et un peu de terre à cultiver. Un chemin minuscule mène à leur maison. Il est si étroit que l’on y pose les pieds l’un devant l’autre. Je lui ai rendu visite la semaine dernière, lors d’une marche dans les montagnes, à l’est du Népal. J’étais avec Andrew, planteur de Guranse qui partage avec moi le goût des longues promenades. Elle a préparé un thé pendant que nous discutions avec son mari. Elle nous a amené le thé dans un gobelet en métal et dans une coupelle à part elle a jeté une poignée de céréales. Nous avons versé le thé au lait, assez poivré, sur les céréales et nous les avons mangées. Nous avons bu le thé qui restait. Nous avons bavardé longtemps avec elle et son mari, sur le pas de leur maison, sous une ruche. Elle et lui nous parlaient sans arrêt. Elle comprenait mon médiocre hindi mais ne s’exprimait qu’en népali. Andrew me traduisait. Quand j’arrivais à l’interrompre, je lui posais des questions. Son secret de longévité ? Manger de la nourriture saine, des produits frais que l’on fait pousser soi-même. Et l’amour, n’était-ce pas aussi lui, le secret de leur longévité ? Elle a ri, échangé un regard tendre, drôlement émouvant, avec son mari. Ils se sont mariés quand elle avait 11 ans. Il en avait 15. Ils s’aiment. Cela fait plus de quatre-vingts ans. Au moment de partir ils nous ont pris les mains, ils nous ont aussi bénis en posant les leurs sur nos fronts. Et ils nous ont demandé si, plus tard, lorsqu’ils ne seraient plus là, nous pourrions une fois, juste une fois, avoir une pensée pour eux.

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Le thé, c’est aussi une histoire de rencontres et d’émotion

17 avril 2015
Le thé, c’est aussi une histoire de rencontres et d’émotion

Derrière chaque grand cru, derrière chaque thé, il y a un travail, il y a des gens. Mon travail, tel que je l’entends, ne se limite pas à tenter de dénicher les meilleurs thés du monde, il consiste également à me tenir proche de ceux qui les font. A déguster avec eux. A les écouter parler de leur production. Du coup, lorsque je suis dans un Palais des Thés et que je regarde cet impressionnant mur de boîtes, ce ne sont pas des noms de thés sur des étiquettes que je vois, ce sont des visages, comme celui de Vikas Gajmer, manager de Castleton (Darjeeling).

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