Inde

Avancer à pas lents

8 juin 2018
Avancer à pas lents

Plus qu’un but, le thé constitue pour moi un chemin. Je n’imagine pas, un jour, tout savoir du thé. Une vie entière n’y suffirait pas. Le thé constitue un chemin car ce n’est pas d’arriver qui m’importe, c’est d’avancer. Avancer dans ma connaissance du théier, avancer dans ma connaissance de cet art qui consiste à travailler les feuilles de thé, avancer parmi les théiers pour rejoindre les villages où vivent les communautés. Avancer à pas lents mais sûrs, dans un monde où tout le monde court.

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Voyager seul pour mieux rencontrer l’autre

4 mai 2018
Voyager seul pour mieux rencontrer l’autre

Je voyage le plus souvent seul. Je pars seul, je reviens seul. Et cette solitude me pousse à aller vers les autres, à être plus facilement accepté par eux, à vivre avec eux. Seul, on s’ouvre aux autres. On a tous besoin de l’autre. Sans compagnon de voyage, on fait davantage de pas en avant pour épouser la culture de celles et ceux que nous rencontrons. Seul, on est plus vulnérable, plus perméable, plus à l’écoute. Cela tombe bien, je voyage pour écouter.

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Une saison particulière

6 avril 2018
Une saison particulière

La saison à Darjeeling s’annonce particulière. Les très beaux thés sont hors de prix (30 à 50% plus cher que les années précédentes), pour compenser, disent les planteurs, leurs pertes subies durant les 105 jours de grève de l’an dernier. A date, j’ai acheté dans les meilleures conditions possibles les Mission Hill DJ4 SFTGFOP1 Clonal, Puttabong DJ14 SFTGFOP1 Clonal Exotic, Puttabong DJ12 SFTGFOP1 Clonal Queen, Orange Valley DJ5 SFTGFOP1 cultivar China, Balasun DJ6 SFTGFOP1 Himalayan Mystic et Rohini DJ15 FTGFOP1 Exotic White, tous en exclusivité. Ils sont d’une qualité remarquable et raviront les amateurs. Pour ceux qui attendent des Darjeeling de Printemps à petit prix, il va falloir être patient. D’une part il n’y a rien de bon marché sinon que de très mauvais, d’autre part même des thés médiocres sont proposés à des prix élevés voire très élevés. Ceux-là ne le méritent absolument pas. En résumé, cette année plus que jamais, la vigilance s’impose.

Pour les amateurs de thés de l’Himalaya qui ne sont pas focalisés sur Darjeeling et recherchent les bonnes affaires, pourquoi ne pas attendre les thés du Népal ? Ils ne vont pas tarder et offrent souvent un excellent rapport qualité-prix.

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Timides pousses

16 mars 2018
Timides pousses

A Darjeeling, les années se suivent et ne se ressemblent pas. En un peu plus de 30 ans, je n’ai jamais connu quoi que ce soit qui s’apparente à la situation actuelle. Pour mémoire, une grève de 105 jours a empêché tout travail dans les 87 plantations entre juin et octobre. Lorsque les autonomistes ont levé les barrages, l’heure était à Durga Puja, le Noël local. Après des mois d’abandon il a fallu se relever les manches et civiliser à nouveau la jungle. Seulement la main d’œuvre avait en partie fuit le conflit pour trouver du travail dans la vallée. Et voilà où nous en sommes : les théiers ont été rabattus très tardivement – fin décembre, parfois -, ce qui fait que les premières récoltes de Darjeeling de printemps se font attendre. Ce mercredi 14 mars de rares et timides pousses émergent des théiers (photo). Certes, de soi-disant Darjeeling de printemps sont déjà sur le marché depuis plus d’un mois, c’est la magie des Darjeeling de printemps, avant même d’être récoltés ils sont déjà vendus. Explication : certaines plantations de basse altitude bénéficiant d’un climat chaud et équipées d’un système d’irrigation arrivent à produire de petits lots pendant l’hiver. Ils leur attribuent à tort le qualificatif de thés de printemps. Dommage car cela n’a rien à voir en terme gustatif avec cette lente poussée de sève à partir de laquelle on produit un thé unique qui fait la renommée de Darjeeling.

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Les variétés sinensis et assamica

9 mars 2018
Les variétés sinensis et assamica
Si vous êtes amateur de thé, vous savez sans doute qu’il existe deux grandes familles de camellia sinensis à partir desquels on peut manufacturer du thé, le camellia sinensis variété sinensis et le camellia sinensis variété assamica. Plutôt que de risquer d’y perdre son latin, voici une illustration très parlante. La grande feuille correspond au genre assamica et la feuille minuscule – d’une richesse aromatique incomparable et d’une rusticité qui permet une adaptation à des climats rigoureux – appartient au genre sinensis. Inutile de vous préciser qu’un producteur qui recherche la quantité au détriment de la qualité ne va pas hésiter longtemps entre les deux variétés.

Je remercie Laurence, responsable de la boutique Palais des Thés sise rue du Commerce, à Paris, d’avoir eu la gentillesse de prendre cette photo tandis que nous visitions ensemble un centre de recherche dans le nord de l’Inde.

(photo : Laurence Jouanno)

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Nos amis les vers de terre

9 février 2018
Nos amis les vers de terre

Une plantation de thé qui pratique l’agriculture biologique n’utilise aucun pesticide ou fongicide conventionnel. Elle limite la propagation des indésirables à l’aide de prédateurs ou bien de répulsifs naturels. Quant à l’enrichissement des sols, pour compenser les nutriments que les théiers absorbent, surtout dans le cas d’une agriculture intensive, il nécessite un apport important de matières organiques. Le compost biologique peut être acheté à l’extérieur, ou mieux, produit dans la plantation. En ce cas, on peut avoir recourt à la vermiculture, une pratique assez répandue en Inde. On va alors donner à manger à des millions de vers de terre de la bouse de vache mêlée à des feuilles de bananier hachées, par exemple. Les vers vont produire des excréments et ce sont ces excréments qui seront plus tard disposés au pied de chaque théier.

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En Inde, un sud montagneux

2 février 2018
En Inde, un sud montagneux

Quand on pense au sud de l’Inde, on pense à des temples hauts en couleur, à d’anciens comptoirs actifs dans le commerce des épices, à des plages frangées de palmiers, à ces dédales de canaux sur lesquels glissent les sampans, à des jardins luxuriants… Le sud de l’Inde est moins connu pour ses massifs montagneux. Pourtant ce que l’on nomme les « ghats », c’est-à-dire littéralement les marches, culminent à plus de 2.000 mètres d’altitude. Une altitude et un climat qui plaisent aux théiers.

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Grâce à vous

26 janvier 2018
Grâce à vous

Je visite beaucoup d’endroits qui donnent envie de ne plus en repartir, je me trouve face à des paysages de rêve, une nature magnifique, je rencontre des gens d’une grande gentillesse, mais je reviens toujours, je reviens avec de délicieux thés, souvent, c’est mon métier, et puis avec ces photos que je peux partager avec vous, que je veux partager avec vous et qui sont aussi une manière pour moi de prolonger le voyage, des jours, des semaines plus tard. Ces photos, je vous les montre ici, je vous les explique en quelques lignes et cet exercice me transporte. Grâce à vous je suis revenu, je suis face à ces montagnes qui m’ont vu passer un peu trop vite et j’ai tout loisir de les contempler, ici, en votre compagnie.

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Une terre bien tenue

19 janvier 2018
Une terre bien tenue

Les pratiques agricoles évoluent avec le temps. Si autrefois on plantait parfois les théiers dans le sens de la pente ce qui se traduisait par des lignes verticales visibles sur la partie gauche de cette photo, aujourd’hui on va installer les jeunes plants suivant une ligne horizontale, ceci afin de limiter l’érosion des sols. Lors de fortes pluies, les eaux vont ruisseler plus lentement et les théiers vont mieux tenir la terre.

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Mon ami Anil

12 janvier 2018
Mon ami Anil

J’ai connu Anil il y a plus de 10 ans. A l’époque il dirigeait une plantation de thé d’une très grande beauté, Thaishola, dans le sud de l’Inde. Je lui ai rendu visite à plusieurs reprises. Il m’a beaucoup appris. Il faisait sur ces montagnes que l’on nomme les Nilgiris des thés de qualité. Puis il a été auditeur pour des organismes qui certifient que le thé est produit d’un façon qui respecte la terre et les hommes. Un beau défi. Et aujourd’hui, grâce à son immense expérience, il conseille des plantations de thé.  Récemment je lui ai rendu visite avec une équipe de Palais des Thés. Il a été aux petits soins pour nous. Il s’est mis en quatre pour nous organiser des rencontres avec ceux qu’il estime être les meilleurs producteurs de la région. Du matin au soir nous l‘avons harcelé de questions. Il nous a aussi permis de loger dans cet incroyable Ootacamund Club qui vous transporte deux cents ans en arrière, à l’époque de la reine Victoria. Il nous a consacré tout son temps. Jamais lassé par notre soif d’en savoir davantage sur le thé. Jamais avare ni d’une explication ni d’un bon mot. Merci Anil !

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