Jolie lumière du soir, un peu chaude, sur ces sacs en grosse corde remplis de feuilles de thé fraîches. Cela se passe à Dellawa (Sri Lanka). Dans quelques minutes, ces mêmes feuilles seront montées à l’étage supérieur de la «tea-factory» afin de connaître la première étape de leur manufacture : le flétrissage. Cette opération peut durer jusqu’à vingt heures pour ce type de thé noir; elle consiste tout simplement à laisser les feuilles tranquilles après les avoir étalées en fine couche dans de longs bacs bien ventilés. On diminue ainsi la teneur en eau de la feuille de thé fraîche.
Sous les palmiers de Nantou, le thé Dong Ding
A Taïwan, dans la région de Nantou par exemple, fameuse pour ses Wu Long (Dong Ding, etc.), les troncs immenses et filiformes des palmiers contrastent avec les rangées de théiers et donnent au paysage un aspect très graphique.
Il faut tout de même avouer que cette impression se trouve accentuée par le fait que j’ai un peu manqué de respect aux poseurs du premier plan en leur coupant la tête…
Une joyeuse cueilleuse de thé à l’allure de missionnaire
Dans la plaine du Teraï (région à cheval sur le Népal et l’Inde), j’ai vu que l’on utilise d’étranges croix pour définir la hauteur des théiers. La croix prend appui sur le sol et l’on ne récolte que ce qui est au-dessus de son élément horizontal. Cela donne à cette joyeuse cueilleuse une allure de missionnaire du thé.
Thé glacé: une boisson sans sucre, saine et désaltérante
Vendredi dernier, j’ai passé la journée dans ma salle de dégustation. Mais dans cette pièce d’habitude fraîche il faisait si chaud qu’après avoir dégusté un grand nombre de Darjeeling 2nd flush j’ai eu envie d’un thé froid. Je m’en suis préparé deux différents, car j’aime bien faire des comparaisons : un Thé des Songes ainsi qu’un Thé des Sables.
La recette du thé glacé est simplissime : vous mettez 15 grammes de thé à infuser dans un litre d’eau pendant 30 minutes, puis vous passez le thé à l’aide d’un passe-thé ou bien d’un filtre et c’est prêt ! Après cela, libre à vous de mettre la carafe ou la bouteille au réfrigérateur, si vous voulez un thé glacé plutôt qu’un thé froid. Au moment de servir, et comme suggestion d’accompagnement, quelques glaçons avec des fruits d’été pris dans la glace (myrtilles, framboises, groseilles) : c’est joli et gourmand.
Pour vous aider dans le choix des thés qui sont délicieux consommés froid, voici quelques uns de mes favoris : Bancha Hojicha, Grand Jasmin Chung Feng, Genmaïcha, Tie Guan Yin, Thé des Sables, Thé des Enfants, Thé du Hammam, Thé des Songes Blancs, ainsi que la plupart des thés parfumés à base d’agrumes ou de fruits rouges…
Bonne dégustation !
P.S. : sur la photo, juste derrière la carafe de Thé des Songes, l’un des petits théiers que l’on m’a offert au Japon en avril dernier. J’en prends grand soin et il me le rend bien : il a déjà doublé de taille !
Ye Yingkai, producteur de thés du Fujian
Ye Yingkai, ici à mes côtés, est très bon connaisseur des thés du Fujian. Son histoire est singulière, puisqu’il a commencé par travailler pour la Corporation d’Etat en charge de l’export des thés de sa province, puis il s’est mis à son compte en créant sa propre société. Il a ensuite acquit une ferme, des champs, afin de produire lui-même son thé. Parallèlement à cela, il sait nous dénicher de beaux Tie Guan Yin, de rares Da Hong Pao, ainsi que des thés au jasmin d’une extrême finesse.
Il est partenaire du Palais des Thés depuis près de vingt ans et, bien sûr, c’est mon ami.
Du thé vert sous un grand angle
Bien sûr, avec un grand angle, on tombe un peu dans la facilité et dans le spectaculaire. Ici, il allonge la bâtisse, raccourcit un peu les personnages et étale le thé bien comme il faut. Étaler les feuilles, c’est justement ce qu’il convient de faire, aussitôt après la cueillette, afin d’éviter à tout prix qu’elles ne fermentent. On met en commun le contenu de chaque panier, on l’étale en fine couche comme vient de le faire cette femme à la coiffe blanche. Et, comme ici l’on veut fabriquer un thé vert (un Bai Mao Hou, « Singe Blanc Poilu », pour être précis), dans quelques minutes on va torréfier les feuilles, par brassées, dans un grand wok.
Le flétrissage du thé blanc
Les thés blancs constituent l’une des grandes spécialités de la province du Fujian (Chine). Les plus connus d’entre eux s’appellent Bai Mu Dan (Pivoine Blanche) et Yin Zhen (Aiguilles d’Argent).
Le procédé de fabrication d’un thé blanc est assez simple puisqu’il peut se résumer en deux mots : flétrissage, séchage.
Traditionnellement, le flétrissage du thé blanc a lieu en plein air, comme ici sur des panneaux en bambou que l’on a orientés en fonction de la course du soleil. Il va durer de 48 à 60 heures. Mieux vaut donc se soucier de la couleur du ciel avant de procéder à la cueillette afin que la pluie ne gâte pas la récolte !
Dans la brume népalaise…
La croyance au yéti est assez présente dans les régions montagneuses du Népal. Je n’ai pas eu la chance de pouvoir rencontrer l’Homme des Neiges, mais j’en sais long sur son sujet à force d’entendre les témoignages des villageois. D’ores et déjà je peux vous dire qu’il n’a rien d’abominable et n’a pas toujours la taille qu’on lui prête. Autour de la plantation de thé de Kanchenjunga Tea Estate (Népal) les yétis, nombreux dans la région, ne mesurent pas un mètre.
Je me demande si la magie des paysages himalayens ne serait pas pour quelque chose dans toute cette histoire : les filaments de brume accrochés au flanc des montagnes, les arbres qui apparaissent ou disparaissent au gré des vents chargés d’une humidité épaisse comme du coton, les chemins qui s’évanouissent dans les nuages… Lorsque le ciel se joue autant de la terre il y a de quoi s’y perdre un peu.
Le manchon a la cote auprès des cueilleurs de thé
Dans différentes régions du globe, les cueilleurs de thé enfilent un manchon pour protéger leur vêtement. Le Camellia se révèle un arbuste assez coriace et il aurait tôt fait d’élargir la maille d’un tissu, voire de le trouer tout simplement. Ce n’est pas ce paysan chinois que je surprends dans sa tâche qui me contredira.
Le penchant naturel du théier
Vendredi dernier, je vous parlais d’un judicieux système pour faciliter le travail des cueilleurs de thé sur un terrain en pente (voir l’article). Mais vous vous êtes peut-être demandé pourquoi le thé est cultivé sur des terres aussi abruptes. La raison la voici : contrairement au riz, les théiers ne supportent pas d’avoir les pieds dans l’eau et ne peuvent se développer que sur un terrain très bien drainé. Un sol en pente est idéal pour leur culture puisque l’eau de pluie ne fait que passer. Dans les plantations de plaine, il faut donc installer un système qui favorise l’écoulement d’eau pour que l’arbuste ne dépérisse pas. Autant alors profiter de l’environnement qu’offre la nature, beaucoup plus simple et moins coûteux !
Sur cette photo prise dans la plantation bien pentue de Namring Tea Estate au pied de l’Himalaya, notez la différence de couleur des théiers. Au premier plan, la récolte a déjà été faite, alors qu’au second plan, les jeunes pousses de couleur claire n’ont pas encore été cueillies.









