Inde

Les variétés sinensis et assamica

9 mars 2018
Les variétés sinensis et assamica
Si vous êtes amateur de thé, vous savez sans doute qu’il existe deux grandes familles de camellia sinensis à partir desquels on peut manufacturer du thé, le camellia sinensis variété sinensis et le camellia sinensis variété assamica. Plutôt que de risquer d’y perdre son latin, voici une illustration très parlante. La grande feuille correspond au genre assamica et la feuille minuscule – d’une richesse aromatique incomparable et d’une rusticité qui permet une adaptation à des climats rigoureux – appartient au genre sinensis. Inutile de vous préciser qu’un producteur qui recherche la quantité au détriment de la qualité ne va pas hésiter longtemps entre les deux variétés.

Je remercie Laurence, responsable de la boutique Palais des Thés sise rue du Commerce, à Paris, d’avoir eu la gentillesse de prendre cette photo tandis que nous visitions ensemble un centre de recherche dans le nord de l’Inde.

(photo : Laurence Jouanno)

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Nos amis les vers de terre

9 février 2018
Nos amis les vers de terre

Une plantation de thé qui pratique l’agriculture biologique n’utilise aucun pesticide ou fongicide conventionnel. Elle limite la propagation des indésirables à l’aide de prédateurs ou bien de répulsifs naturels. Quant à l’enrichissement des sols, pour compenser les nutriments que les théiers absorbent, surtout dans le cas d’une agriculture intensive, il nécessite un apport important de matières organiques. Le compost biologique peut être acheté à l’extérieur, ou mieux, produit dans la plantation. En ce cas, on peut avoir recourt à la vermiculture, une pratique assez répandue en Inde. On va alors donner à manger à des millions de vers de terre de la bouse de vache mêlée à des feuilles de bananier hachées, par exemple. Les vers vont produire des excréments et ce sont ces excréments qui seront plus tard disposés au pied de chaque théier.

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En Inde, un sud montagneux

2 février 2018
En Inde, un sud montagneux

Quand on pense au sud de l’Inde, on pense à des temples hauts en couleur, à d’anciens comptoirs actifs dans le commerce des épices, à des plages frangées de palmiers, à ces dédales de canaux sur lesquels glissent les sampans, à des jardins luxuriants… Le sud de l’Inde est moins connu pour ses massifs montagneux. Pourtant ce que l’on nomme les « ghats », c’est-à-dire littéralement les marches, culminent à plus de 2.000 mètres d’altitude. Une altitude et un climat qui plaisent aux théiers.

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Grâce à vous

26 janvier 2018
Grâce à vous

Je visite beaucoup d’endroits qui donnent envie de ne plus en repartir, je me trouve face à des paysages de rêve, une nature magnifique, je rencontre des gens d’une grande gentillesse, mais je reviens toujours, je reviens avec de délicieux thés, souvent, c’est mon métier, et puis avec ces photos que je peux partager avec vous, que je veux partager avec vous et qui sont aussi une manière pour moi de prolonger le voyage, des jours, des semaines plus tard. Ces photos, je vous les montre ici, je vous les explique en quelques lignes et cet exercice me transporte. Grâce à vous je suis revenu, je suis face à ces montagnes qui m’ont vu passer un peu trop vite et j’ai tout loisir de les contempler, ici, en votre compagnie.

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Une terre bien tenue

19 janvier 2018
Une terre bien tenue

Les pratiques agricoles évoluent avec le temps. Si autrefois on plantait parfois les théiers dans le sens de la pente ce qui se traduisait par des lignes verticales visibles sur la partie gauche de cette photo, aujourd’hui on va installer les jeunes plants suivant une ligne horizontale, ceci afin de limiter l’érosion des sols. Lors de fortes pluies, les eaux vont ruisseler plus lentement et les théiers vont mieux tenir la terre.

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Mon ami Anil

12 janvier 2018
Mon ami Anil

J’ai connu Anil il y a plus de 10 ans. A l’époque il dirigeait une plantation de thé d’une très grande beauté, Thaishola, dans le sud de l’Inde. Je lui ai rendu visite à plusieurs reprises. Il m’a beaucoup appris. Il faisait sur ces montagnes que l’on nomme les Nilgiris des thés de qualité. Puis il a été auditeur pour des organismes qui certifient que le thé est produit d’un façon qui respecte la terre et les hommes. Un beau défi. Et aujourd’hui, grâce à son immense expérience, il conseille des plantations de thé.  Récemment je lui ai rendu visite avec une équipe de Palais des Thés. Il a été aux petits soins pour nous. Il s’est mis en quatre pour nous organiser des rencontres avec ceux qu’il estime être les meilleurs producteurs de la région. Du matin au soir nous l‘avons harcelé de questions. Il nous a aussi permis de loger dans cet incroyable Ootacamund Club qui vous transporte deux cents ans en arrière, à l’époque de la reine Victoria. Il nous a consacré tout son temps. Jamais lassé par notre soif d’en savoir davantage sur le thé. Jamais avare ni d’une explication ni d’un bon mot. Merci Anil !

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Partager sa passion

29 décembre 2017
Partager sa passion

A travers ce blog qui fête sa septième année, j’ai plaisir à raconter le métier que j’exerce depuis plus de 30 ans, un métier qui peut se lire comme une passion. Le faire découvrir in situ à des équipes de Palais des Thés participe de ce bonheur et leur permet de lever le voile sur ce qui fait mon quotidien. Ils me suivent dans mes visites de champs de thé et je partage avec eux ce temps si important à mes yeux passé avec les fermiers, les planteurs, à comprendre chaque aspect de leur métier et de leur vie. Ici, de gauche à droite, Benoît (qu’un mauvais cadrage dont j’assume la responsabilité prive de son oreille droite), Audrey, Sylvie, Frédéric, Constance et Linda qui n’ont pas l’air malheureux du voyage.

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Darjeeling, faits et chiffres

8 décembre 2017
Darjeeling, faits et chiffres
J’ai profité d’un séjour récent en vallée d’Ilam pour rencontrer plusieurs planteurs de Darjeeling avec lesquels j’ai échangé longtemps à propos de la situation du district. Voici les nouvelles les plus fraîches que je peux vous donner ainsi que quelques chiffres qui aident à mieux comprendre. En 2017, 80 % de la récolte de Darjeeling a été perdue. Pour la seule récolte d’automne, 90% de la récolte a été perdue. Le leader indépendantiste vit aujourd’hui caché et les 105 jours de grève n’ont rien apporté de concret en terme de bénéfice pour la population. Et on ignore qui va payer les énormes pertes financières des plantations de thé, bien sûr, mais aussi les pertes de toutes celles et ceux dont les activités sont liées au tourisme, sans parler des commerçants qui se sont vus contraints de baisser le rideau durant plus de 3 mois. Du fait de ce long bras de fer entre les autonomistes et le gouvernement du Bengal-Occidental, beaucoup d’habitants des montagnes sont partis chercher du travail ailleurs et, aujourd’hui, 30 % des habitants manquent à l’appel. On ignore s’ils vont revenir. Or l’essentiel de la population de ces montagnes travaille dans les champs de thé. Malgré cela, les mauvaises herbes qui recouvraient les théiers ont été enlevées. Il reste un gros travail à faire et qui concerne la taille des arbustes. Normalement, la taille intervient tous les 4 ou 5 ans mais cet hiver, du fait que l’on a laissé les théiers grandir 3 mois durant, il faut absolument rabattre les théiers pour reformer ce que l’on appelle les tables de cueillette. Cette taille hivernale va avoir pour effet de retarder les prochains Darjeeling de Printemps qui se récoltent d’habitude à partir de début-mars. Les planteurs de Darjeeling sont unanimes pour affirmer qu’en 2018 il ne faut pas compter sur quelque thé que ce soit avant le 20 mars environ. La période de récolte sera plus courte, les quantités récoltées seront moindre et les prix, plus élevés. Autre sujet sur lesquels nos planteurs sont tous d’accord : si demain les autonomistes décidaient d’une nouvelle grève, ceux-ci laisseraient les plantations de thé fonctionner normalement afin de ne pas faire souffrir davantage des populations qui n’ont vraiment pas besoin de cela.
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Le gaur : un désherbant puissant

24 novembre 2017
Le gaur : un désherbant puissant

Dans une plantation de thé, il m’arrive de tomber nez à nez avec des bestioles variées : charmantes coccinelles, ravissantes libellules, jolis papillons, araignées de toutes sortes, inoffensives pour certaines, un peu moins pour d’autres, mygales, sangsues, passereaux, rapaces, rongeurs, vers de terre, mangoustes, serpents longs comme le bras, cobras compris, chevreuils et j’en passe. Je rencontre le bison indien – que l’on nomme aussi gaur -dans le sud de l’Inde uniquement. Il est d’une puissance impressionnante. Les tigres, encore présents dans cette région, se mettent à plusieurs pour en faire leur repas. En attendant, le gaur se promène avec une certaine délicatesse entre les théiers. A défaut de se nourrir des feuilles de cet arbuste il raffole de toutes les mauvaises herbes qui poussent entre deux rangées. Une aide au désherbage, en somme.

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Darjeeling manque de main d’œuvre

10 novembre 2017
Darjeeling manque de main d’œuvre

La situation à Darjeeling est contrastée. La vie a repris dans tout le district. Les routes, les boutiques, les hôtels sont à nouveau ouverts. Les plantations de thé, également. Mais l’ampleur de la tâche est considérable puisque les théiers ont disparu sous les mauvaises herbes. Rien de grave pour les arbustes, ils sont en parfaite santé, mais il faut couper toute cette végétation puis rabattre nos chers camellia sinensis afin qu’ils retrouvent leur taille initiale. Malheureusement, la main d’œuvre manque à Darjeeling. Durant les 3 mois qu’a duré le coup de force en vue d’une autonomie régionale, de nombreux hommes ont quitté les montagnes pour aller chercher du travail ailleurs. Et les plantations n’ont aujourd’hui pas assez de monde pour effectuer ce travail de défrichage et de taille. Or ce travail est essentiel pour espérer une belle récolte au printemps prochain. Sinon, le thé de Darjeeling va manquer et les faux Darjeeling, qui commencent déjà à circuler, vont envahir le marché. Cela serait une catastrophe pour Darjeeling et j’espère de tout mon cœur qu’elle ne se produira pas. Il va falloir être très vigilant.

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