Ma sélection de Darjeeling de Printemps achevée, la saison des Népal bat son plein, puis c’est au tour des Primeurs de Chine de s’annoncer avant que n’arrivent les premiers Ichibancha japonais. Entre le 1er mars et le 10 mai de chaque année, je peux déguster plus de cent thés par jour, sans compter ceux que je fais infuser plusieurs fois, lorsque j’hésite entre plusieurs lots. Le pic de cette plaisante activité, que j’attends toujours avec tant d’impatience, se situe autour de la fin avril. A cette période de l’année, tant d’échantillons s’amoncellent chaque matin au gré des plis express venus tout droit du Népal, d’Inde, de Chine ou bien du Japon, qu’il m’arrive parfois de ne plus savoir à quel Saint me vouer.
Népal
Deux grands crus Népalais à découvrir bientôt : Mist Valley et Sandakphu
Trois plantations de thé produisaient à ce jour les thés du Népal qui méritaient à mon sens l’appellation de “Grand Cru”. Mais, depuis un an, il faut bien reconnaître que Guranse, Kuwapani et Jun Chiyabari ne sont plus seules à proposer des thés exceptionnels. Mist Valley et Sandakphu, toutes les deux situées dans la Vallée d’Ilam, arrivent à produire des lots d’une qualité gastronomique remarquable. Ce sont des thés à découvrir dans quelques jours et qui jouissent d’un excellent rapport qualité-prix.
La préparation du thé : une affaire de précision
La préparation du thé est une affaire de précision. On utilise une balance pour s’assurer du bon poids des feuilles de thé, d’une bouilloire graduée et parfois d’un thermomètre, d’un minuteur, enfin. Lorsque je suis dans une plantation de thé, j’aime prendre en photo les différents instruments de mesure que je rencontre, comme ici, au Népal.
Les récoltes de printemps du Népal
Chaque année, ce sont les thés Darjeeling de printemps qui ouvrent la saison, suivis des récoltes de printemps du Népal, puis de Chine et du Japon. Ces jours-ci, je commence à déguster les premiers échantillons de thés népalais. Ils viennent quelques semaines après Darjeeling, en raison d’un climat plus rigoureux. Pourtant, la distance est faible entre les deux appellations, quelques jours de marche, à peine, et on passerait d’un pays à l’autre sans se rendre compte de rien, si on ne prêtait attention aux panneaux.
Une trêve autour du thé
En ce moment, on parle de violences en Ukraine, demain ce sera ailleurs : la violence, le sang et les armes, on dirait que les hommes ne savent pas vivre sans. La qualité de cette photo laisse à désirer, je l’ai prise à la hâte, au Népal, lors d’une visite de l’armée dans la plantation de thé qui m’hébergeait. Cela se passait il y a quelques années, le pays était à feu et à sang mais à cet instant là on aurait dit que peu importait le conflit, ces militaires avaient envie de poser les armes et déguster un bon thé.
La conservation du thé
D’un thé à l’autre, la durée optimale de conservation peut varier du tout au tout. Les thés verts du Japon et de Chine souffrent avec le temps et quelques mois seulement après leur récolte la différence de goût est perceptible. Il en va de même avec les Darjeeling de printemps. A l’opposé, ceux que l’on appelle les thés sombres, les fameux Pu Er, se bonifient en vieillissant. Enfin, de très nombreux thés noirs ou ceux, parmi les wulongs, qui sont les plus oxydés conservent souvent pendant des années toutes leur qualités. A l’instar de cette cueilleuse Népalaise dont le sourire, le charme et la générosité restent insensibles au temps qui passe.
Remplir sa hotte de thé
Cette charmante cueilleuse népalaise part avec sa hotte afin de récolter les pousses tendres du théier.
Elle me fait penser à vous tous qui, en cette période de fêtes, partez en quête de ce qui pourrait faire plaisir à celles et ceux que vous aimez.
Autour des champs de thé, des orchidées sauvages
Passer sa vie dans les champs de thé n’empêche pas de se promener autour des plantations et de lever le nez pour admirer la nature. Ici, au Népal, les orchidées sauvages poussent à même l’écorce des arbres. A leurs côtés vivent de nombreuses autres fleurs et mousses aux coloris délicats.
Une plantation népalaise située au bout du monde
Pour la première fois j’ai acheté il y a quelques semaines un lot de thé de printemps en provenance de Kanchenjunga Tea Estate. Cette plantation népalaise située au bout du monde, c’est-à-dire à deux jours de voyage de la plaine du Terai, représente l’une des plantations les plus prometteuses de ce pays.
Au passage, vous pouvez admirer le dénivelé hallucinant, et je vous laisse imaginer le travail que représente la cueillette des feuilles sur un pareil terrain. Quant à ce minuscule chemin qui serpente et que j’ai vu emprunté par des villageois chargés comme des mules, il constitue le passage obligé pour les habitants d’autres hameaux situés à plusieurs jours de marche d’ici.
Dilli Baskota, un passionné de thé au Népal
Je termine tout juste ma sélection annuelle de thés de printemps en provenance du Népal. Ils seront disponibles dans quelques jours, le temps de les acheminer par avion. Cette année ce sont les plantations de Guranse et de Kuwapani qui ont produits les meilleurs lots. Ils sont remarquables et si vous n’y avez jamais goûté, dépêchez-vous ! Ils valent le détour.
D’autres jardins ont fait de gros progrès et je viens de réserver deux lots correspondants : l’un en provenance de Everest Tea Estate et l’autre issu de Kanchenjunga Tea Estate- une plantation sublime située à l’extrême nord de la Vallée d’Ilam et dirigée par mon ami Dilli Baskota que vous voyez ici. Un homme passionné par le thé et très impliqué dans le développement durable de sa région.









